Publié le 12/09/2009 à 15:50 par yolom
Nous voulons que le monde nous accueille comme nous sommes, tels que nous sommes et non comme la France veut que nous soyons ou que l’Europe voudrait que nous soyons.
Au lieu de l’Eurafrique, nous voulons la LibrAfrique
Réponse de Mamadou Koulibaly à Sarkozy :
« Au lieu de l’Eurafrique, nous voulons la LibrAfrique »
Par
Mamadou KOULIBALY
Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire
Le président de la République française est venu, comme De Gaulle, et il a parlé aux Africains. Qu’a-t-il dit au juste ? Il nous a fait une série de propositions et d’analyses. Écoutons-le :
"Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est une alliance, c’est l’alliance de la jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit un meilleur monde".
Le nom de cette alliance est Eurafrique.
La France s’est mariée à l’Europe et nous vous apportons cette Europe de même que nous vous apportons à l’Europe. L’Afrique sera dans la corbeille de mariage de la France avec l’Europe et dans la corbeille de l’Europe avec le monde. Je suis venu vous proposer une place, comme la France sait le faire habituellement. Souvenez-vous, par exemple, des DOM-TOM.
Mais, comme vous le savez, l’Afrique est très différentiée. Il y a l’Afrique du Nord. Et il y a l’Afrique noire. En Libye, donc en Afrique du Nord où je suis passé, j’ai signé des contrats juteux d’exploitation de centrales nucléaires et d’uranium. Des contrats portant sur la défense et autres affaires hautement stratégiques pour mon pays. Avec l’Afrique du Nord, on ne parle ni de morale, ni de développement. On ne donne pas de leçons, mais on passe des contrats. On ne lance pas d’appels aux Libyens de l’étranger pour leur retour dans leur pays. On ne fait pas de promesses d’aides publiques françaises à la Libye. On parle affaires. Des contrats, des contrats et encore des contrats. Sur l’uranium, sur la défense, sur le nucléaire. Trade not aid, telle est notre règle.
Avec l’Afrique noire, avec vous, que dire ?
Je vous ai fait mal, mes bébés. Hum !
N’en parlons plus.
Mais ne me demandez surtout pas de repentance, puisque vous-mêmes, vous êtes coupables de vous être laissés battre par mes ancêtres. En plus, quand mes ancêtres arrivaient chez vous, vous vous décimiez vous-mêmes déjà sans notre aide. Vous êtes plus coupables que nous.
Nous avons commis des crimes contre l’Humanité. Oui, mais vous n’avez rien fait pour nous empêcher.
En tout cas pas suffisamment pour nous convaincre que ce que nous avions l’intention de faire était criminel. Vous êtes coupables de non-assistance à personne dangereuse et d’assassinat de caractères. Ne rêvez surtout pas à un retour en arrière pour rejoindre votre prétendu âge d’or qui aurait existé dans le passé. Vous n’avez jamais eu d’âge d’or. N’en rêvez pas. Le monde ne marche pas à reculons, mais progresse vers l’avenir. L’histoire a un sens.
La colonisation a été un crime contre l’humanité, mais mes parents ont proposé aux vôtres l’indépendance, qu’ils ont acceptée.
La colonisation c’était l’exploitation de l’homme par l’homme ; l’indépendance est exactement le contraire.
Vos historiens et autres anthropologues vous mentent. Je vous le dit ici à vous, les jeunes d’Afrique, à l’Université Cheikh Anta Diop.
Devant vos chefs.
Devant vos profs.
Devant votre classe politique, gouvernement et opposition réunis. Devant vous étudiants, hommes de maintenant et hommes de demain.
Arrêtez de rêver d’un futur qui puisse être le vôtre, à vous tout seuls. Maintenant, vous m’appartenez définitivement. Arrêtez d’avoir la nostalgie d’un passé qui n’a jamais existé.
Je vous propose l’Eurafrique.
Vous entrez avec moi dans les bonnes grâces de l’Europe.
Je vous apporte l’Europe comme hier je vous ai apporté l’Esclavage.
Je vous apporte l’Europe comme hier je vous ai apporté la Colonisation.
Je vous apporte l’Europe comme hier je vous ai apporté l’Indépendance.
Je vous vois stupéfaits, n’est-ce pas ? Mais je vous apporte aussi les moyens qui vous seront propres pour inventer, vous-mêmes, votre avenir. Oubliez le passé.
Maintenant, vous ne serez plus seulement à la France, mais à l’Europe. La France, c’est votre héritage occidental. La colonisation vous l’a apporté. Aid not trade. Telle est mon offre.
Ne vous coupez pas de cet héritage. La civilisation européenne vous appartient. A vous aussi.
Renoncez à la tentation de pureté comme nous le faisons en Europe.
Ne répondez pas au racisme de la France par le racisme.
Ne répondez pas à l’intolérance de la France par l’intolérance.
Je sais, je vous ai fait mal, mais laissez tomber.
Allons ensemble dans l’avenir.
Renoncez à la maladie de l’intelligence.
Si vous voulez venir chez nous, pas de problème, nous négocierons votre migration. Nous déciderons ensemble, pour vous, comment vous viendrez.
Pas en citoyens libres, mais en immigrés.
Vous rêvez de la Renaissance africaine ? Pourquoi pas ! Après tout, vous avez eu, semble-t-il, l’Egypte et d’autres brillantes civilisations que mes ancêtres ont battues à plate couture et soumises depuis des siècles. Oubliez le passé peu glorieux que vos ascendants vous ont laissé.
Nous vous aiderons à la bâtir, cette renaissance, si tel est votre désir.
Commencez déjà par prendre notre civilisation comme héritage.
Vous voulez la liberté, la démocratie ? Bien. Mais savez-vous que l’Europe est bâtie sur l’égalité, la justice, le droit, la liberté, la démocratie et la libre propriété ? Je vous apporte ces valeurs universelles. Et n’allez pas chercher ailleurs. Tout ce que vous voulez, commandez et je vous livre tout de suite. Nous sommes généreux, nous vous aimons. Ce n’est pas de la pitié, mais c’est notre intérêt.
Ainsi nous a parlé Nicolas Sarkozy, le président de tous les Français. Que lui dire ?
Merci Sarkozy.
Merci pour tes propositions.
Mais nous, on veut aller dans le monde par le marché et non sous la protection de qui que ce soit. Nous connaissons le chemin.
Le monde, ce n’est pas que la France ; le monde, ce n’est pas que l’Europe. Le monde, c’est aussi l’Afrique, c’est aussi l’Amérique, c’est aussi l’Asie. Le monde, c’est ailleurs. Nous voulons choisir librement notre méthode d’y entrer, notre façon d’y participer. Ce n’est pas par dégoût, mais c’est notre intérêt et rien que cela.
L’Eurafrique ? Très bien merci. Mais ça sera vraisemblablement comme par le passé.
Il y a déjà les sommets franco-africains.
Il y aura des sommets eurafricains.
Il y aura une bureaucratie eurafricaine, comme il y a celle des UE-ACP.
Nous n’avons plus du temps à perdre à négocier lors de sommets de chefs d’Etat.
Nous allons directement sur les marchés librement avec nos besoins et nos moyens.
Nous ne voulons plus être des marchés captifs de qui que ce soit.
Nous voulons redevenir libres.
Il ne s’agit pas d’un retour à un quelconque âge d’or. Il ne s’agit pas d’une option pour nous, mais de notre survie.
Il s’agit d’être simplement des humains, de vivre comme tels et d’être traités comme tels.
Nous ne voulons pas de traitement de faveur.
Nous voulons avoir notre liberté de choix.
Nous voulons tirer profit des droits imprescriptibles que nous avons d’être propriétaires de nous-mêmes en tant qu’humains.
Nous voulons être libres dans la mondialisation, comme nous ne l’avons jamais été sur les marchés des esclaves. Sur les marchés coloniaux. Dans le pacte colonial.
Nous ne voulons pas aller sur les marchés mondiaux enchaînés par des accords protectionnistes ; ni avec la France, ni avec l’Europe.
N’est-ce pas vous qui avez dit que l’Afrique ne comptait pas pour la France ?
N’est-ce pas vous qui dites aussi que le Niger, avec son uranium, compte énormément pour la France ?
Savez-vous que le Niger est un pays d’Afrique ?
La duplicité de votre langage ne nous rassure guère. Vous parlez d’amour là où le monde parle d’intérêt et d’intérêt là où le monde parle d’amour.
Nous ne voulons plus de cette protection infantilisante qui vous donne le droit de vouloir tout faire pour nous.
Tout faire avec nous.
Tout faire par nous.
Tout faire sans nous.
Et au bout du compte, tout faire contre nous.
Nous ne voulons plus des accords léonins qui, sous prétexte de vouloir nous aider, nous font plus de mal que de bien.
Nous voulons que Sarkozy nous laisse faire, nous laisse passer.
Nous voulons que la France nous laisse faire, nous laisse passer.
Nous voulons que l’Europe nous laisse faire, nous laisse passer.
Nous voulons que le monde nous accueille comme nous sommes, tels que nous sommes et non comme la France veut que nous soyons ou que l’Europe voudrait que nous soyons. Nous connaissons le mode d’emploi de la mondialisation. Aucun épouvantail ne nous fera renoncer sur la route de la liberté.
L’Eurafrique ? Pourquoi pas. Merci pour votre offre. Mais nous sommes déjà dans le monde sous le couvert de l’Europe qui agit par procuration de la France. Nous ne voulons pas de la mondialisation des servitudes.
Nous voulons celle des libertés.
Nous voulons simplement :
- de l’économie de marché.
- de la société ouverte.
- de la société de droit.
Ni plus, ni moins.
Sarkozy pourrait-il nous aider dans ce sens ?
A nous libérer des accords précédents ?
Ceux des indépendances ?
Pour enfin nous libérer du carcan post colonial ?
Nous ne voulons pas aller dans le monde comme hier nous sommes allés dans l’Europe par la France.
Nous ne voulons pas de votre liberté en double standard, et sous surveillance.
Nous ne comprenons pas que nos avoirs extérieurs nets en devises soient déposés au Trésor public de chez vous.
Nous ne comprenons pas que nous soyons perçus comme des contribuables par l’Etat français, alors que vous nous ressassez que la colonisation est terminée depuis belle lurette ?
Nous ne voulons plus de vos accords de coopération qui ne règlent rien, mais qui pillent tout.
Nous voulons être libres de choisir nous-mêmes notre destin.
Libres de choisir nous-mêmes qui nous accompagnera et pour quoi.
Merci de votre sollicitude.
Tu veux que je décide librement ? Soit.
Mais je ne veux pas que tu sois là.
Tu veux que je décide librement ? Mais soit.
Je ne veux pas décider avec toi. Je veux décider seul.
Tu veux que ma volonté se réalise pleinement ?
Oui, je le veux aussi. Mais je ne veux pas réaliser mon destin avec toi. Je veux le faire moi-même, sans guide, ni parrain, ni gourou.
Tu veux t’associer avec moi ? Oui, mais ne me demande pas d’être exclusivement à toi. D’être ta chose.
Je veux être libre de m’associer avec qui je veux et comme je le veux et quand je le veux.
La mondialisation telle qu’elle est faite pour moi ne me plaît pas. C’est vrai. Je veux la démocratie. Je veux le droit. Je veux la justice. Je veux la propriété libre. Je veux la liberté.
Mais je veux aussi la responsabilité.
Nous avons payé trop cher les mirages de la coopération franco-africaine depuis de longues années.
Cette coopération est étatiste.
Cette coopération est collectiviste.
Cette coopération est monopolistique.
Cette coopération est jacobine et rétrograde.
Je crois que l’échange libre est bénéfique et qu’il doit être la règle de mon jeu dans la mondialisation.
Je crois que la concurrence est un moyen et qu’elle est mon meilleur atout pour réussir à m’enrichir et à prospérer dans la mondialisation.
Les pires des prédateurs qui nous cachent de la mondialisation sont ceux qui viennent s’apitoyer sur mon sort et me considérer comme un grand naïf auquel ils proposent altruisme, protection, aide publique et humanitaire, mais jamais de commerce responsable.
Le plus grand des prédateurs pour nous est celui qui nous rassemble dans un enclos que l’on appelle le Pré-carré, ou le Champ et nous propose de jouer soit au loup et à l’agneau, soit au renard dans le poulailler.
Nous croyons que la liberté économique annonce et conditionne la liberté politique.
Nous croyons que les esclaves ne peuvent échanger que leurs chaînes. Que le marché est le propre de l’Homme. Que nous sommes des hommes et que nous voulons échanger autre chose sur des marchés libres d’accès et de sortie.
Nous croyons à l’économie de marché. Vous vous trompez à notre sujet lorsque vous affirmez le contraire.
Nous croyons au laisser faire et nous nous méfions de toutes les barrières à la concurrence.
Vous craignez l’immigration de la jeunesse africaine en France et en Europe ?
Vous avez tort.
L’immigration subie ou l’immigration choisie ?
Vous posez mal le débat.
L’immigration relève du droit individuel de circuler et est pour nous une des bases de la liberté que nous recherchons.
La France devrait se demander comment une telle liberté pour nous peut devenir un fléau social pour les Français.
Pour nous, l’étranger a droit au respect de sa vie, de sa dignité et de sa propriété.
Mais nous savons et nous admettons que l’étranger ne peut avoir tous les droits, car nous savons et admettons qu’il n’y a pas de droits sans devoirs.
L’étranger doit se soumettre aux règles sociales de la société qui l’accueille.
Vous avez le sentiment que certains étrangers ne respectent pas les règles de votre société et ont des comportements anormaux ?
Mais ce n’est pas notre faute à nous qui vivons ici dans les pays d’origines de ces immigrés. Les repousser à vos frontières, contrôler leur entrée et sortie de chez vous sont de fausses solutions coûteuses, humiliantes et inefficaces. Pour vous en sortir, laissez-nous vous donner des conseils d’amis et d’alliés.
Abandonnez votre Etat-providence, car c’est lui qui attire l’immigré que vous craignez. Les forces d’attraction de chez vous sont aussi fortes que les forces de répulsion d’ici.
De nombreux immigrés apportent à la France leur travail, leur talent, leur argent.
Nombreux aussi sont ceux qui fuient les dictateurs et les autres régimes liberticides que vous installez chez nous.
Mais les plus nombreux, ceux qui sont supposés vous faire le plus de mal, sont ceux qui arrivent chez vous, pour profiter comme de nombreux Français de souche, du parasitisme offert par votre Etatprovidence.
Je présume que vous le savez déjà.
Ceux-là vont en France pour toucher des allocations, pour se livrer à de petits et à de grands trafics, pour profiter des cadeaux qu’offre l’Etat français à ses propres parasites.
Les places sont gratuites chez vous et elles rapportent plus que chez nous, car votre Etat-providence est plus généreux que les nôtres, et plus riche aussi.
Nous croyons que par des relations de travail libre, par l’échange marchand, par le libre échange entre la France et nous, l’immigration trouvera solution. Or vous nous proposez de nous méfier du laisser-faire pour nous accrocher au protectionnisme offert par nos Etats-providence rentiers, pâles copies du vôtre.
Nous voulons que les immigrés qui arrivent chez vous vous donnent plus qu’ils ne vous prennent, mais votre Etat-providence leur propose la gratuité pour tout ce qu’ils peuvent avoir.
Nous aimons la France pour sa sécurité sociale. Elle nous épargne de faire de grands efforts d’adaptation au monde moderne, d’éduquer correctement nos enfants qui y naissent. Elle nous propose le RMI, les allocations logements, les prestations familiales. Elle nous propose des revenus à peine suffisants pour vivre de façon médiocre sans travailler chez vous. Mais tout cela, vous le savez déjà.
Parmi vos immigrés qui viennent de chez nous se trouvent les plus pauvres des immigrés, les plus mal éduqués, les plus délinquants, les plus mal aimés, les plus mal logés.
Votre Etat-providence nous offre une couverture sociale complète dans des ghettos, des foyers bruyants et violents que vous appelez “logements sociaux”.
Les enfants d’immigrés africains vont dans des écoles où l’on n’apprend presque plus rien, pas même la politesse et le savoir-vivre français que nous admirons de loin, nous qui sommes restés ici au pays.
L’école française ne leur apprend pas même la vertu du travail bien fait, pas même le respect des autres.
Nous voulons commercer avec une société française compétitive. Mais votre Etat nous propose des monopoles, des statuts figés, des services publics, des entreprises protégées.
Les Africains de qualité comprennent de plus en plus que vivre chez vous, sous la protection de l’Etatprovidence les sclérose ; ils vont ailleurs pour être plus compétitifs et faire face aux enjeux du monde actuel. Ça aussi, vous avez dû le constater.
Nous pensons que seules des relations marchandes entre la France et l’Afrique révèleront les opportunités d’embauches en qualité et en quantité chez vous comme chez nous. Mais vous semblez avoir peur du marché libre.
Nous ne pensons pas qu’il soit dans les prérogatives de l’Etat-providence de dire qui est qualifié pour entrer et s’installer en France pour bénéficier des droits sociaux. Nous croyons au partenariat direct entre les peuples, entre les jeunes, entre les entreprises. Vous aimez plutôt les rencontres au sommet.
Nous immigrons en grand nombre chez vous, parce que notre vie ici, du fait de votre protection bienveillante et providentielle, est misérable. Nous pensons que si vous nous donnez plus de liberté de choix, plus de libertés économiques, la source principale de cette immigration artificielle disparaîtra.
Pour vaincre l’immigration qui vous fait tant peur, brisez les enclos dans lesquels sont enfermés les peuples d’Afrique esclaves de votre générosité.
Un pays comme le Sénégal a perdu dans les mers plus d’hommes candidats à l’immigration que la Côte d’Ivoire avec sa guerre ces cinq dernières années.
L’immigration est aussi un fléau pour nous tant qu’elle sera organisée par votre Etat-providence.
Pour vaincre l’immigration, abandonnez les Etats-providence, abandonnez les accords de coopération rétrogrades et étatistes. Pour vaincre l’immigration, nous vous offrons la liberté économique. Au lieu de l’Eurafrique, nous voulons la Librafrique.
Dans la mondialisation, nous savons que les économies nationales sont en compétition. Nous envisagions d’aller en compétition avec ce que nous avons. Si vous le voulez bien, alors laissez-nous faire.
Nous envisagions de préciser les droits de propriété de base sur nos terres et nos entreprises d’Etat et les rendre aux entrepreneurs privés. Si vous voulez nous aider, alors laissez-nous faire.
Nous rêvons d’adopter des politiques macroéconomiques qui nous évitent les humiliations du surendettement et des déficits budgétaires insupportables. Si vous voulez le faire avec nous, alors laissez-nous faire.
Nous voulons arrêter de tourner nos vues vers le passé. Nous voulons regarder l’avenir avec sérénité.
Pour cela, nous rêvons de politiques de croissance fondées sur une épargne domestique capable de nous rendre aptes à financer nos besoins d’investissements risqués. Pour cela, nous rêvons d’un système bancaire moderne qui rompe avec la tradition protectionniste de contrôle des changes et des banques centrales non indépendantes des zones CFA. Si vous voulez nous aider, alors laissez-nous faire.
Nous voulons plus de flexibilité sur nos marchés du travail. Si vous nous aimez, alors laissez-nous faire.
Nous pensons que la lutte contre la corruption est primordiale mais qu’elle ne peut réussir qu’en prenant de vigoureuses mesures et en donnant des exemples qui ne mettent personne au-dessus du droit. Si vous voyez ce que nous voulons dire, alors laissez-nous faire.
Nous voulons que notre prospérité soit bâtie en amitié avec tous les peuples du monde et sans exclusivité. Si vous pensez que le monde est un village planétaire et que la mondialisation est beaucoup moins une affaire d’Etat qu’une affaire de liberté d’échanges, alors laissez- nous faire.
Si vous voulez un véritable discours de rupture, Monsieur le président de la République française, alors, en plus de définir la politique africaine de la France, il vous faudra désormais intégrer la politiquefrançaise de l’Afrique.
C’est de la rencontre de ces deux visions sous la contrainte de nos autres relations que naîtra le monde meilleur souhaité par la jeunesse africaine et pour lequel elle est prête à travailler avec toutes les jeunesses du monde. Pour cela, il faut que vous nous laissiez faire.
Les libertés et les Droits de l’Homme ne se négocient pas.
L’autodétermination des peuples est un droit.
Vous ne pouvez pas garder les démocraties pour vous et cultiver les autocraties chez nous. Arrêtez de le faire.
Le marché ne peut pas être pour l’Europe et les bureaucraties pour l’Afrique.
Arrêtez de le concevoir.
Encore une fois merci d’être venu et d’avoir parlé comme vous avez parlé.
Votre discours avorté de rupture donne une occasion de rupture effective à la jeunesse d’Afrique si discourtoisement interpellée par vous à Dakar le 26 juillet 2007. Les désirs de rupture d’avec les vues de vos prédécesseurs ne nous intéressent pas, d’autant qu’ils n’iront jamais jusqu’à la remise en cause des fondamentaux de la traditionnelle politique africaine de la France. Par contre, nous avons, avec la mondialisation, l’occasion de rompre avec le modèle de coopération que la France nous propose. Merci de nous avoir donné l’occasion de vous le dire. Parce que nous avons compris que, si pour le moment, la rupture, ce n’est pas pour vous, nous vous indiquons que c’est avec vous, nouvelles et anciennes élites françaises, que nous, jeunes d’Afrique, nous rompons.
Mamadou Koulibaly
--
Publié le 06/09/2009 à 18:05 par yolom
La Liberté se conquiert
Monsieur le Président, Monsieur le secrétaire Général,
Honorables représentants de la Communauté internationale
Je viens en ces lieux vous apporter le salut fraternel d’un pays de 274000 km², où sept millions d’enfants, de femmes et d’hommes, refusent désormais de mourir d’ignorance, de faim, de soif, tout en n’arrivant pas à vivre véritablement depuis un quart de siècle d’existence comme Etat souverain, siégeant à l’ONU.
Je viens à cette Trente-neuvième session vous parler au nom d’un peuple qui, sur la terre de ses ancêtres, a choisi, dorénavant de s’affirmer et d’assumer son histoire, dans ses aspects positifs, comme dans ses aspects négatifs, sans complexe aucun.
Je viens enfin, mandaté par le Conseil National de la Révolution (CNR) du Burkina Faso, pour exprimer les vues de mon peuple concernant les problèmes inscrits à l’ordre du jour, et qui constituent la trame tragique des évènements qui fissurent douloureusement les fondements du monde en cette fin du vingtième siècle. Un monde où l’humanité est transformée en cirque, déchirée par les luttes entre les grands et les semi-grands, battue par les bandes armées, soumise aux violences et aux pillages. Un monde où des nations, se soustrayant à la juridiction internationale, commandent des groupes hors-la-loi, vivant de rapines, et organisant d’ignobles trafics, le fusil à la main.
Monsieur le Président
Je n’ai pas ici la prétention d’énoncer des dogmes. Je ne suis ni un messie ni un prophète. Je ne détiens aucune vérité. Ma seule ambition est une double aspiration : premièrement, pouvoir, en langage simple, celui de l’évidence et de la clarté, parler au nom de mon peuple, le peuple du Burkina Faso ; deuxièmement, parvenir à exprimer aussi, à ma manière, la parole du "Grand peuple des déshérités", ceux qui appartiennent à ce monde qu’on a malicieusement baptisé Tiers Monde. Et dire, même si je n’arrive pas à les faire comprendre, les raisons que nous avons de nous révolter.
Tout cela dénote de l’intérêt que nous portons à l’ONU, les exigences de nos droits y prenant une vigueur et la rigueur de la claire conscience de nos devoirs.
Nul ne s’étonnera de nous voir associer l’ex Haute-Volta, aujourd’hui le Burkina Faso, à ce fourre-tout méprisé, le Tiers Monde, que les autres mondes ont inventé au moment des indépendances formelles pour mieux assurer notre aliénation culturelle, économique et politique. Nous voulons nous y insérer sans pour autant justifier cette gigantesque escroquerie de l’Histoire. Encore moins pour accepter d’être "l’arrière monde d’un Occident repu". Mais pour affirmer la conscience d’appartenir à un ensemble tricontinental et admettre, en tant que non-alignés, et avec la densité de nos convictions, qu’une solidarité spéciale unit ces trois continents d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique dans un même combat contre les mêmes trafiquants politiques, les mêmes exploiteurs économiques.
Reconnaître donc notre présence au sein du Tiers Monde c’est, pour paraphraser José Marti, "affirmer que nous sentons sur notre joue tout coup donné à n’importe quel homme du monde". Nous avons jusqu’ici tendu l’autre joue. Les gifles ont redoublées. Mais le cœur du méchant ne s’est pas attendri. Ils ont piétiné la vérité du juste. Du Christ ils ont trahi la parole. Ils ont transformé sa croix en massue. Et après qu’ils se soient revêtus de sa tunique, ils ont lacéré nos corps et nos âmes. Ils ont obscurci son message. Ils l’ont occidentalisé cependant que nous le recevions comme libération universelle. Alors, nos yeux se sont ouverts à la lutte des classes. Il n’y aura plus de gifles.
Il faut proclamer qu’il ne peut y avoir de salut pour nos peuples que si nous tournons radicalement le dos à tous les modèles que tous les charlatans de même acabit ont essayé de nous vendre vingt années durant. Il ne saurait y avoir pour nous de salut en dehors de ce refus là. Pas de développement en dehors de cette rupture.
Du reste, tous les nouveaux "maîtres-à-penser" sortant de leur sommeil, réveillés par la montée vertigineuse de milliards d’hommes en haillons, effrayés par la menace que fait peser sur leur digestion cette multitude traquée par la faim, commencent à remodeler leurs discours et, dans une quête anxieuse, recherchent une fois de plus en nos lieu et place, des concepts-miracles, de nouvelles formes de développement pour nos pays. Il suffit pour s’en convaincre de lire les nombreux actes des innombrables colloques et séminaires.
Loin de moi l’idée de tourner en ridicule les efforts patients de ces intellectuels honnêtes qui, parce qu’ils ont des yeux pour voir, découvrent les terribles conséquences des ravages imposés par lesdits "spécialistes" en développement dans le Tiers Monde. La crainte qui m’habite c’est de voir les résultats de tant d’énergies confisquées par les Prospéro de tout genre pour en faire la baguette magique destinée à nous renvoyer à un monde d’esclavage maquillé au goût de notre temps.
Cette crainte se justifie d’autant plus que la petite bourgeoisie africaine diplômée, sinon celle du Tiers Monde, soit par paresse intellectuelle, soit plus simplement parce qu’ayant goûté au mode de vie occidental, n’est pas prête à renoncer à ses privilèges. De ce fait, elle oublie que toute vraie lutte politique postule un débat théorique rigoureux et elle refuse l’effort de réflexion qui nous attend. Consommatrice passive et lamentable, elle se regorge de vocables fétichisés par l’Occident comme elle le fait de son whisky et de son champagne, dans ses salons à l’harmonie douteuse.
On recherchera en vain depuis les concepts de négritude ou d’"African Personality" marqués maintenant par les temps, des idées vraiment neuves issues des cerveaux de nos "grands" intellectuels. Le vocabulaire et les idées nous viennent d’ailleurs. Nos professeurs, nos ingénieurs et nos économistes se contentent d’y adjoindre des colorants parce que, des universités européennes dont ils sont les produits, ils n’ont ramené souvent que leurs diplômes et le velours des adjectifs ou des superlatifs.
Il est nécessaire, il est urgent que nos cadres et nos travailleurs de la plume apprennent qu’il n’y a pas d’écriture innocente. En ces temps de tempêtes, nous ne pouvons laisser à nos seuls ennemis d’hier et d’aujourd’hui, le monopole de la pensée, de l’imagination et de la créativité. Il faut, avant qu’il ne soit trop tard, car il est déjà trop tard, que ces élites, ces hommes de l’Afrique, du Tiers Monde, reviennent à eux-mêmes, c’est-à-dire à leur société, à la misère dont nous avons hérité pour comprendre non seulement que la bataille pour une pensée au service des masses déshéritées n’est pas vaine, mais qu’ils peuvent devenir crédibles sur le plan international, qu’en inventant réellement, c’est-à-dire, en donnant de leurs peuples une image fidèle. Une image qui leur permette de réaliser des changements profonds de la situation sociale et politique, susceptibles de nous arracher à la domination et à l’exploitation étrangères qui livrent nos Etats à la seule perspective de la faillite.
C’est ce que nous avons perçu, nous, peuple burkinabè, au cours de cette nuit du 4 août 1983, aux premiers scintillements des étoiles dans le ciel de notre Patrie. Il nous fallait prendre la tête des jacqueries qui s’annonçaient dans les campagnes affolées par l’avancée du désert, épuisées par la faim et la soif et délaissées. Il nous fallait donner un sens aux révoltes grondantes des masses urbaines désoeuvrées, frustrées et fatiguées de voir circuler les limousines des élites aliénées qui se succédaient à la tête de l’Etat et qui ne leur offraient rien d’autre que les fausses solutions pensées et conçues par les cerveaux des autres. Il nous fallait donner une âme idéologique aux justes luttes de nos masses populaires mobilisées contre l’impérialisme monstrueux. A la révolte passagère, simple feu de paille, devait se substituer pour toujours la révolution, lutte éternelle contre la domination.
D’autres avant moi ont dit, d’autres après moi diront à quel point s’est élargi le fossé entre les peuples nantis et ceux qui n’aspirent qu’à manger à leur faim, boire à leur soif, survivre et conserver leur dignité. Mais nul n’imaginera à quel point " le grain du pauvre a nourri chez nous la vache du riche".
Dans le cas de l’ex Haute Volta, le processus était encore plus exemplaire. Nous étions la condensation magique, le raccourci de toutes les calamités qui ont fondu sur les pays dits "en voie de développement". Le témoignage de l’aide présentée comme la panacée et souvent trompetée, sans rime ni raison, est ici éloquent. Très peu sont les pays qui ont été comme le mien inondés d’aides de toutes sortes. Cette aide est en principe censée œuvrer au développement. On cherchera en vain dans ce qui fut autrefois la Haute-Volta, les singes de ce qui peut relever d’un développement. Les hommes en place, soit par naïveté, soit par égoïsme de classe, n’ont pas pu on n’ont pas voulu maîtriser cet afflux extérieur, en saisir la portée et exprimer des exigences dans l’intérêt de notre peuple.
Analysant un tableau publié en 1983 par le Club du Sahel, Jacques Giri dans son ouvrage "Le Sahel Demain", conclut avec beaucoup de bon sens que l’aide au Sahel, à cause de son contenu et des mécanismes en place, n’est qu’une aide à la survie. Seuls, souligne-t-il, 30 pour cent de cette aide permet simplement au Sahel de vivre. Selon Jacques Giri, cette aide extérieure n’aurait d’autres buts que de continuer à développer les secteurs improductifs, imposant des charges intolérables à nos petits budgets, désorganisant nos campagnes, creusant les déficits de notre balance commerciale, accélérant notre endettement.
Juste quelques clichés pour présenter l’ex Haute-Volta :
- 7 millions d’habitants, avec plus de 6 millions de paysannes et de paysans
- Un taux de mortalité infantile estimé à 180 pour mille
- Une espérance de vie se limitant à 40 ans
- Un taux d’analphabétisme allant jusqu’à 98 pour cent, si nous concevons l’alphabétisé comme celui qui sait lire, écrire et parler une langue.
- Un médecin pour 50000 habitants
- Un taux de scolarisation de 16 pour cent
- et enfin un produit intérieur brut par tête d’habitant de 53356 francs CFA soit à peine plus de 100 dollars.
Le diagnostic à l’évidence, était sombre. La source du mal était politique. Le traitement ne pouvait qu’être politique.
Certes nous encourageons l’aide qui nous aide à nous passer de l’aide. Mais en général, la politique d’assistance et d’aide n’a abouti qu’à nous désorganiser, à nous asservir, à nous déresponsabiliser dans notre espace économique, politique et culturel.
Nous avons choisi de risquer de nouvelles voies pour être plus heureux. Nous avons choisi de mettre en place de nouvelles techniques.
Nous avons choisi de rechercher des formes d’organisation mieux adaptées à notre civilisation, rejetant de manière abrupte et définitive toutes sortes de diktats extérieurs, pour créer ainsi les conditions d’une dignité à la hauteur de nos ambitions. Refuser l’état de survie, desserrer les pressions, libérer nos campagnes d’un immobilisme moyenâgeux ou d’une régression, démocratiser notre société, ouvrir les esprits sur un univers de responsabilité collective pour oser inventer l’avenir. Briser et reconstruire l’administration à travers une autre image du fonctionnaire, plonger notre armée dans le peuple par le travail productif et lui rappeler incessamment que sans formation patriotique, un militaire n’est qu’un criminel en puissance. Tel est notre programme politique.
Au plan de la gestion économique, nous apprenons à vivre simplement, à accepter et à nous imposer l’austérité afin d’être à même de réaliser de grands desseins.
Déjà, grâce à l’exemple de la Caisse de solidarité nationale, alimentée par des contributions volontaires, nous commençons à répondre aux cruelles questions posées par la sécheresse. Nous avons soutenu et appliqué les principes d’Alma-Ata en élargissant le champ des soins de santé primaires. Nous avons fait nôtre, comme politique d’Etat, la stratégie du GOBI FFF, préconisée par l’UNICEF.
Par l’intermédiaire de l’Office du Sahel des Nations Unies (OSNU), nous pensons que les Nations unies devraient permettre aux pays touchés par la sécheresse la mise sur pied d’un plan moyen et long termes afin de parvenir à l’autosuffisance alimentaire.
Pour préparer le vingt et unième siècle, nous avons, par la création d’une tranche spéciale de la Tombola, "Instruisons nos enfants", lancé une campagne immense pour l’éducation et la formation de nos enfants dans une école nouvelle. Nous avons lancé à travers l’action salvatrice des Comités de Défense de la Révolution un vaste programme de construction de logements sociaux, 500 en trois mois, de routes, de petites retenues d’eau etc… Notre ambition économique est d’œuvrer pour que le cerveau et les bras de chaque burkinabè puissent au moins lui servir à inventer et à créer de quoi s’assurer deux repas par jour et de l’eau potable.
Nous jurons, nous proclamons, que désormais au Burkina Faso, plus rien ne se fera sans la participation des burkinabè. Rien qui n’ait été au préalable décidé par nous, élaboré par nous. Il n’y aura plus d’attentat à notre pudeur et à notre dignité.
Forts de cette certitude, nous voudrions que notre parole s’élargisse à tous ceux qui souffrent dans leur chair, tous ceux qui sont bafoués dans leur dignité d’homme par un minorité d’hommes ou par un système qui les écrase.
Permettez, vous qui m’écoutez, que je le dise : je ne parle pas seulement au nom du Burkina Faso tant aimé mais également au nom de tous ceux qui ont mal quelque part.
Je parle au nom de ces millions d’êtres qui sont dans les ghettos parce qu’ils ont la peau noire ou qu’ils sont de culture différente et bénéficient d’un statut à peine supérieur à celui d’un animal.
Je souffre au nom des Indiens massacrés, écrasés, humiliés et confinés depuis des siècles dans des réserves afin qu’ils n’aspirent à aucun droit et que leur culture ne puisse s’enrichir en convolant en noces heureuses au contact d’autres cultures, y compris celle de l’envahisseur.
Je m’exclame au nom des chômeurs d’un système structurellement injuste et conjoncturellement désaxé, réduits à ne percevoir de la vie que le reflet de celle des plus nantis.
Je parle au nom des femmes du monde entier, qui souffrent d’un système d’exploitation imposé par les mâles. Pour ce qui nous concerne, nous sommes prêts à accueillir toutes les suggestions du monde entier, nous permettant de parvenir à l’épanouissement total de la femme burkinabè. En retour, nous donnons en partage à tous les pays, l’expérience positive que nous entreprenons avec des femmes désormais présentes à tous les échelons de l’appareil de l’État et de la vie sociale au Burkina Faso. Des femmes qui luttent et proclament avec nous, que l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère et nous en appelons à toutes nos sœurs de toutes les races pour qu’elles montent à l’assaut pour la conquête de leurs droits.
Je parle au nom des mères de nos pays démunis, qui voient mourir leurs enfants de paludisme ou de diarrhée, ignorant qu’il existe, pour les sauver, des moyens simples que la science des multinationales ne leur offre pas, préférant investir dans les laboratoires de cosmétiques et dans la chirurgie esthétique pour les caprices de quelques femmes ou d’hommes dont la coquetterie est menacée par les excès de calories de leurs repas trop riches et d’une régularité à vous donner, non, plutôt à nous donner, à nous autres du Sahel, le vertige. Ces moyens simples recommandés par l’OMS et l’UNICEF, nous avons décidé de les adopter et de les populariser.
Je parle aussi au nom de l’enfant. L’enfant du pauvre, qui a faim et qui louche furtivement vers l’abondance amoncelée dans une boutique pour riches. La boutique protégée par une vitre épaisse. La vitre défendue par une grille infranchissable. Et la grille gardée par un policier casqué, ganté et armé de matraque. Ce policier, placé là par le père d’un autre enfant qui viendra se servir ou plutôt se faire servir parce que représentant toutes les garanties de représentativité et de normes capitalistiques du système.
Je parle au nom des artistes (poètes, peintres, sculpteur, musiciens, acteurs), hommes de bien qui voient leur art se prostituer pour l’alchimie des prestidigitations de show-business.
Je crie au nom des journalistes qui sont réduits soit au silence, soit au mensonge pour ne pas subir les dures lois du chômage.
Je proteste au nom des sportifs du monde entier dont les muscles sont exploités par les systèmes politiques ou les négociants de l’esclavage modernes.
Mon pays est un concentré de tous les malheurs des peuples, une synthèse douloureuse de toutes les souffrances de l’humanité, mais aussi et surtout des espérances de nos luttes. C’est pourquoi je vibre naturellement au nom des malades qui scrutent avec anxiété les horizons d’une science accaparée par les marchands de canons. Mes pensées vont à tous ceux qui sont touchés par la destruction de la nature et à ces trente millions d’hommes qui vont mourir comme chaque année, abattus par la redoutable arme de la faim.
Militaire, je ne peux oublier ce soldat obéissant aux ordres, le doigt sur la détente, et qui sait que la balle qui va partir ne porte que le message de la mort.
Enfin, je veux m’indigner en pensant aux Palestiniens qu’une humanité inhumaine a choisi de substituer à un autre peuple, hier encore martyrisé. Je pense à ce vaillant peuple palestinien, c’est-à-dire à ces familles atomisées errant de par le monde en quête d’un asile. Courageux, déterminés, stoïques et infatigables, les Palestiniens rappellent à chaque conscience humaine la nécessité et l’obligation morale de respecter les droits d’un peuple : avec leurs frères juifs, ils sont antisionistes.
Aux côtés de mes frères soldats de l’Iran et de l’Irak, qui meurent dans une guerre fratricide et suicidaire, je veux également me sentir proche des camarades du Nicaragua dont les ports sont minés, les villes bombardées et qui, malgré tout, affrontent avec courage et lucidité leur destin. Je souffre avec tous ceux qui, en Amérique latine, souffrent de la mainmise impérialiste.
Je veux être aux côtés des peuples afghan et irlandais, aux côtés des peuples de Grenade et de Timor Oriental, chacun à la recherche d’un bonheur dicté par la dignité et les lois de sa culture.
Je m’élève ici au nom des tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils pourront faire entendre leur voix et la faire prendre en considération réellement. Sur cette tribune beaucoup m’ont précédé, d’autres viendront après moi. Mais seuls quelques uns feront la décision. Pourtant nous sommes officiellement présentés comme égaux. Eh bien, je me fais le porte voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre. Oui je veux donc parler au nom de tous les "laissés pour compte" parce que "je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger".
Notre révolution au Burkina Faso est ouverte aux malheurs de tous les peuples. Elle s’inspire aussi de toutes les expériences des hommes depuis le premier souffle de l’Humanité. Nous voulons être les héritiers de toutes les révolutions du monde, de toutes les luttes de libération des peuples du Tiers Monde. Nous sommes à l’écoute des grands bouleversements qui ont transformé le monde. Nous tirons des leçons de la révolution américaine, les leçons de sa victoire contre la domination coloniale et les conséquences de cette victoire. Nous faisons nôtre l’affirmation de la doctrine de la non-ingérence des Européens dans les affaires américaines et des Américains dans les affaires européennes. Ce que Monroe clamait en 1823, « L’Amérique aux Américains », nous le reprenons en disant « l’Afrique aux Africains », « Le Burkina aux Burkinabè ». La Révolution française de 1789, bouleversant les fondements de l’absolutisme, nous a enseigné les droits de l’homme alliés aux droits des peuples à la liberté. La grande révolution d’octobre 1917 a transformé le monde, permis la victoire du prolétariat, ébranlé les assises du capitalisme et rendu possible les rêves de justice de la Commune française.
Ouverts à tous les vents de la volonté des peuples et de leurs révolutions, nous instruisant aussi de certains terribles échecs qui ont conduits à de tragiques manquements aux droits de l’homme, nous ne voulons conserver de chaque révolution, que le noyau de pureté qui nous interdit de nous inféoder aux réalités des autres, même si par la pensée, nous nous retrouvons dans une communauté d’intérêts.
Monsieur les Président,
Il n’y a plus de duperie possible. Le Nouvel Ordre Economique Mondial pour lequel nous luttons et continuerons à lutter, ne peut se réaliser que :
- si nous parvenons à ruiner l’ancien ordre qui nous ignore,
- si nous imposons la place qui nous revient dans l’organisation politique du monde,
- si, prenant conscience de notre importance dans le monde, nous obtenons un droit de regard et de décision sur les mécanismes qui régissent le commerce, l’économie et la monnaie à l’échelle planétaire.
Le Nouvel Ordre Economique international s’inscrit tout simplement, à côté de tous les autres droits des peuples, droit à l’indépendance, au libre choix des formes et de structures de gouvernement, comme le droit au développement. Et comme tous les droits des peuples, il s’arrache dans la lutte et par la lutte des peuples. Il ne sera jamais le résultat d’un acte de la générosité d’une puissance quelconque.
Je conserve en moi la confiance inébranlable, confiance partagée avec l’immense communauté des pays non-alignés, que sous les coups de boutoir de la détresse hurlante de nos peuples, notre groupe va maintenir sa cohésion, renforcer son pouvoir de négociation collective, se trouver des alliés parmi les nations et commencer, de concert avec ceux qu peuvent encore nous entendrez, l’organisation d’un système de relations économiques internationales véritablement nouveau.
Monsieur le Président,
Si j’ai accepté de me présenter devant cette illustre assemblée pour y prendre la parole, c’est parce que malgré les critiques qui lui sont adressées par certains grands contributeurs, les Nations Unies demeurent la tribune idéale pour nos revendications, le lieu obligé de la légitimité des pays sans voix.
C’est cela qu’exprime avec beaucoup de justesse notre Secrétaire général lorsqu’il écrit :
"L’organisation des Nations Unies est unique en ce qu’elle reflète les aspirations et les frustrations de nombreux pays et gouvernements du monde entier. Un de ses grands mérites est que toutes les Nations, y compris celles qui sont faibles, opprimées ou victimes de l’injustice, (il s’agit de nous), peuvent, même lorsqu’elles sont confrontées aux dures réalités du pouvoir, y trouver une tribune et s’y faire entendre. Une cause juste, même si elle ne rencontre que revers ou indifférence, peut trouver un écho à l’Organisation des Nations Unies ; cet attribut de l’Organisation n’est pas toujours prisé, mais il n’en est pas moins essentiel".
On ne peut mieux définir le sens et la portée de l’Organisation.
Aussi est-il, pour chacun de nous, un impératif catégorique de consolider les assises de notre Organisation, de lui donner les moyens de son action. Nous adoptons en conséquence, les propositions faîtes à cette fin par le Secrétaire Général, pour sortir l’Organisation des nombreuses impasses, soigneusement entretenues par le jeu des grandes puissances afin de la discréditer aux yeux de l’opinion publique.
Monsieur le Président,
Reconnaissant les mérites mêmes limités de notre Organisation, je ne peux que me réjouir de la voir compter de nouveaux adhérents. C’est pourquoi la délégation burkinabè salue l’entrée du 159ème membre de notre Organisation : l’Etat du Brunei Darussalam.
C’est la déraison de ceux entre les mains desquelles la direction du monde es tombée par le hasard des choses qui fait l’obligation au Mouvement des pays non alignés, auquel je l’espère, se joindra bientôt l’Etat du Brunei Darussalam, de considérer comme un des objectifs permanents de sa lutte, le combat pour le désarmement qui est un des aspects essentiels et une condition première de notre droit au développement.
Il faut, à notre avis des études sérieuses prenant en compte tous les éléments qui ont conduit aux calamités qui ont fondu sur le monde. A ce titre, le Président Fidel Castro en 1979, a admirablement exprimé notre point de vue à l’ouverture du sixième sommet des Pays non alignés lorsqu’il déclarait :
"Avec 300 milliards de dollars, on pourrait construire en un an 600000 écoles pouvant recevoir 400 millions d’enfants ; ou 60 millions de logements confortables pour 300 millions de personnes ; ou 30000 hôpitaux équipés de 18 millions de lits ; ou 20000 usines pouvant employer plus de 20 millions de travailleurs ou irriguer 150 millions d’hectares de terre qui, avec les moyens techniques adéquats pourraient alimenter un milliard de personnes…"
En multipliant aujourd’hui ce chiffre par 10, je suis certainement en deçà de la réalité, on réalise ce que l’Humanité gaspille tous les ans dans le domaine militaire, c’est-à-dire contre la paix.
On perçoit aisément pourquoi l’indignation des peuples se transforme rapidement en révolte et en révolution devant les miettes qu’on leur jette sous la forme ignominieuse d’une certaine "aide", assortie de conditions parfois franchement abjectes. On comprend enfin pourquoi dans le combat pour le développement, nous nous désignons comme des militants inlassables de la paix.
Nous faisons le serment de lutter pour atténuer les tensions, introduire les principes d’une vie civilisée dans les relations internationales et les étendre à toutes les parties du monde. Ce qui revient à dire que nous ne pouvons assister passifs, au trafic des concepts.
Nous réitérons notre résolution d’être des agents actifs de la paix ; de tenir notre place dans le combat pour le désarmement ; d’agir enfin dans la politique internationale comme le facteur décisif, libéré de toute entrave vis-à-vis de toutes les grandes puissances, quels que soient les projets de ces dernières.
Mais la recherche de la paix va de pair avec l’application ferme du droit des pays à l’indépendance, des peuples à la liberté et des nations à l’existence autonome. Sur ce point, le palmarès le plus pitoyable, le plus lamentable _ oui, le plus lamentable_ est détenu au Moyen Orient en termes d’arrogance, d’insolence et d’incroyable entêtement par un petit pays, Israël, qui, depuis, plus de vingt ans, avec l’inqualifiable complicité de son puissant protecteur les Etats-Unis, continue à défier la communauté internationale.
Au mépris d’une histoire qui hier encore, désignait chaque Juif à l’horreur des fours crématoires, Israël en arrive à infliger à d’autres ce qui fut son propre calvaire. En tout état de cause, Israël dont nous aimons le peuple pour son courage et ses sacrifices d’hier, doit savoir que les conditions de sa propre quiétude ne résident pas dans sa puissance militaire financée de l’extérieur. Israël doit commencer à apprendre à devenir une nation comme les autres, parmi les autres.
Pour l’heure, nous tenons à affirmer du haut de cette tribune, notre solidarité militante et agissante à l’endroit des combattants, femmes et hommes, de ce peuple merveilleux de la Palestine parce que nous savons qu’il n’y a pas de souffrance sans fin.
Monsieur, le Président,
Analysant la situation qui prévaut en Afrique sur les plans économique et politique, nous ne pouvons pas ne pas souligner les graves préoccupations qui sont les nôtres, face aux dangereux défis lancés aux droits des peuples par certaines nations qui, sûres de leurs alliances, bafouent ouvertement la morale internationale.
Certes, nous avons le droit de nous réjouir de la décision de retrait des troupes étrangères au Tchad, afin que le Tchadiens entre eux, sans intermédiaire, cherchent les moyens de mettre fin à cette guerre fratricide, et donner enfin à ce peuple qui n’en finit pas de pleurer depuis de nombreux hivernages, les moyens de sécher ses larmes. Mais, malgré les progrès enregistrés çà et là par les peuples africains dans leur lutte pour l’émancipation économique, notre continent continue de refléter la réalité essentielle des contradictions entre les grandes puissances, de charrier les insupportables apories du monde contemporain.
C’est pourquoi nous tenons pour inadmissible et condamnons sans recours, le sort fait au peuple du Sahara Occidental par le Royaume du Maroc qui se livre à des méthodes dilatoires pour retarder l’échéance qui, de toute façon, lui sera imposée par la volonté du peuple sahraoui. Pour avoir visité personnellement les régions libérées par le peuple sahraoui, j’ai acquis la confirmation que plus rien désormais ne saurait entraver sa marche vers la libération totale de son pays, sous la conduite et éclairée du Front Polisario.
Monsieur le Président,
Je ne voudrais pas trop m’étendre sur la question de Mayotte et des îles de l’Archipel malgache. Lorsque les choses sont claires, lorsque les principes sont évidents, point n’est besoin d’élaborer. Mayotte appartient aux Comores. Les îles de l’archipel sont malgaches.
En Amérique Latine, nous saluons l’initiative du Groupe de Contadora, qui constitue une étape positive dans la recherche d’une solution juste à la situation explosive qui y prévaut. Le commandant Daniel Ortega, au nom du peuple révolutionnaire du Nicaragua a fait ici des propositions concrètes et posé des questions de fond à qui de droit. Nous attendons de voir la paix s’installer dans son pays et en Amérique Centrale, le 15 octobre prochain et après le 15 octobre et nous prenons à témoin l’opinion publique mondiale.
De même que nous avons condamné l’agression étrangère de l’île de Grenade, de même nous fustigeons toutes les interventions étrangères. C’est ainsi que nous ne pouvons pas nous taire face à l’intervention militaire en Afghanistan.
Il est cependant un point, mais dont la gravité exige de chacun de nous une explication franche et décisive. Cette question, vous vous en doutez, ne peut qu’être celle de l’Afrique du Sud. L’incroyable insolence de ce pays à l’égard de toutes les nations du monde, même vis-à-vis de celles qui soutiennent le terrorisme qu’il érige en système pour liquider physiquement la majorité noire de ce pays, le mépris qu’il adopte à l’égard de toutes nos résolutions, constituent l’une des préoccupations les plus oppressantes du monde contemporain.
Mais le plus tragique, n’est pas que l’Afrique du Sud se soit elle-même mise au banc de la communauté internationale à cause de l’abjection des lois de l’apartheid, encore moins qu’elle continue de maintenir illégalement la Namibie sous la botte colonialiste et raciste, ou de soumettre impunément ses voisins aux lois du banditisme. Non, le plus abject, le plus humiliant pour la conscience humaine, c’est qu’elle soit parvenue à "banaliser" le malheur de millions d’êtres humains qui n’ont pour se défendre que leur poitrine et l’héroïsme de leurs mains nues. Sûre de la complicité des grandes puissances et de l’engagement actif de certaines d’entre elles à ses côtés, ainsi que de la criminelle collaboration de quelques tristes dirigeants de pays africains, la minorité blanche ne se gêne pas pour ridiculiser les états d’âme de tous les peuples, qui, partout à travers le monde, trouvent intolérable la sauvagerie des méthodes en usage dans ce pays.
Il fut un temps où les brigades internationales se constituaient pour aller défendre l’honneur des nations agressées dans leur dignité. Aujourd’hui, malgré la purulence des plaies que nous portons tous à nos flancs, nous allons voter des résolutions dont les seules vertus, nous dira-t-on, seraient de conduire à résipiscence une Nation de corsaires qui "détruit le sourire comme le grêle due le fleurs".
Monsieur le Président,
Nous allons bientôt fêter le cent cinquantième anniversaire de l’émancipation des esclaves de l’Empire britannique. Ma délégation souscrit à la proposition des pays d’Antigua et de la Barbade de commémorer avec éclat cet événement qui revêt, pour les pays africains et le monde noir, une signification d’une très grande importance. Pour nous, tout ce qui pourra être fait, dit ou organisé à travers le monde au cours des cérémonies commémoratives devra mettre l’accent sur le terrible écot payé par l’Afrique et le monde noir, au développement de la civilisation humaine. Ecot payé sans retour et qui explique, sans aucun doute, les raisons de la tragédie d’aujourd’hui sur notre continent.
C’est notre sang qui a nourri l’essor du capitalisme, rendu possible notre dépendance présente et consolidé notre sous-développement. On ne peut plus escamoter la vérité, trafiquer les chiffres. Pour chaque Nègre parvenu dans les plantations, cinq au moins connurent la mort ou la mutilation. Et j’omets à dessein, la désorganisation du continent et les séquelles qui s’en sont suivies.
Monsieur le Président,
Si la terre entière, grâce à vous, avec l’aide du Secrétaire Général, parvient à l’occasion de cet anniversaire à se convaincre de cette vérité-là, elle comprendra pourquoi, avec toute la tension de notre être, nous voulons la paix entre les nations, pourquoi nous exigeons et réclamons notre droit au développement dans l’égalité absolue, par une organisation et une répartition des ressources humaines.
C’est parce que de toutes les races humaines, nous appartenons à celles qui ont le plus souffert, que nous nous sommes jurés, nous burkinabè, de ne plus jamais accepter sur la moindre parcelle de cette terre, le moindre déni de justice. C’est le souvenir de la souffrance qui nous place aux côtés de l’OLP contre les bandes armées d’Israël. C’est le souvenir de cette souffrance qui, d’une part, nous fait soutenir l’ANC et la SWAPO, et d’autre part, nous rend intolérable la présence en Afrique du Sud des hommes qui se disent blancs et qui brûlent le monde à ce titre. C’est enfin ce même souvenir qui nous fait placer l’Organisation des Nations Unies toute notre foi dans un devoir commun, dans un tâche commune pour un espoir commun.
Nous réclamons :
- Que s’intensifie à travers le monde la campagne pour la libération de Nelson Mandela et sa présence effective à la prochaine Assemblée générale de l’ONU comme une victoire de fierté collective.
- Que soit créé en souvenir de nos souffrances et au titre de pardon collectif un Prix international de l’Humanité réconciliée, décerné à tous ceux qui par leur recherche auraient contribué à la défense des droits de l’homme.
- Que touts les budgets de recherches spatiales soient amputés de 1/10000e et consacrés à des recherches dans le domaine de la santé et visant à la reconstitution de l’environnement humain perturbé par tous ces feux d’artifices nuisibles à l’écosystème
Nous proposons également que les structures des Nations Unies soient repensées et que soit mis fin à ce scandale que constitue le droit de veto. Bien sûr, les effets pervers de son usage abusif sont atténués par la vigilance de certains de ses détenteurs. Cependant, rien ne justifie ce droit : ni la taille des pays qui le détiennent ni les richesses de ces derniers.
Si l’argument développé pour justifier une telle iniquité est le prix payé au cours de la guerre mondiale, que ces nations, qui se sont arrogé ces droits, sachent que nous aussi nous avons chacun un oncle ou un père qui, à l’instar de milliers d’autres innocents arrachés au Tiers Monde pour défendre les droits bafoués par les hordes hitlériennes, porte lui aussi dans sa chair les meurtrissures des balles nazies. Que cesse donc l’arrogance des grands qui ne perdent aucune occasion pour remettre en cause le droit des peuples. L’absence de l’Afrique du Club de ceux qui détiennent le droit de veto est une injustice qui doit cesser.
Enfin ma délégation n’aurait pas accompli tous ses devoirs si elle n’exigeait pas la suspension d’Israël et le dégagement pur et simple de l’Afrique du Sud de notre organisation. Lorsque, à la faveur du temps, ces pays auront opéré la mutation qui les introduira dans la Communauté internationale, chacun de nous nous, et mon pays en tête, devra les accueillir avec bonté, guider leur premier pas.
Nous tenons à réaffirmer notre confiance en l’Organisation des Nations Unies. Nous lui sommes redevables du travail fourni par ses agences au Burkina Faso et de la présence de ces dernières à nos côtés dans les durs moments que nous t traversons.
Nous sommes reconnaissants aux membres du Conseil de Sécurité de nous avoir permis de présider deux fois cette année les travaux du Conseil. Souhaitons seulement voir le Conseil admettre et appliquer le principe de la lutte contre l’extermination de 30 millions d’êtres humains chaque année, par l’arme de la faim qui, de nos jours, fait plus de ravages que l’arme nucléaire.
Cette confiance et cette foi en l’Organisation me fait obligation de remercier le Secrétaire général, M. Xavier Pérez de Cuellar, de la visite tant appréciée qu’il nous a faite pour constater, sur le terrain, les dures réalités de notre existence et se donner une image fidèle de l’aridité du Sahel et la tragédie du désert conquérant.
Je ne saurai terminer sans rendre hommage aux éminentes qualités de notre Président (Paul Lusaka de Zambie) qui saura, avec la clairvoyance que nous lui connaissons, diriger les travaux de cette Trente-neuvième session.
Monsieur le Président,
J’ai parcouru des milliers de kilomètres. Je suis venu pour demander à chacun de vous que nous puissions mettre ensemble nos efforts pour que cesse la morgue des gens qui n’ont pas raison, pour que s’efface le triste spectacle des enfants mourant de faim, pour que disparaisse l’ignorance, pour que triomphe la rébellion légitime des peuples, pour que se taise le bruit des armes et qu’enfin, avec une seule et même volonté, luttant pour la survie de l’Humanité, nous parvenions à chanter en chœur avec le grand poète Novalis :
"Bientôt les astres reviendront visiter la terre d’où ils se sont éloignés pendant nos temps obscurs ; le soleil déposera son spectre sévère, redeviendra étoile parmi les étoiles, toutes les races du monde se rassembleront à nouveau, après une longue séparation, les vieilles familles orphelines se retrouveront et chaque jour verra de nouvelles retrouvailles, de nouveaux embrassement ; alors les habitants du temps jadis reviendront vers la terre, en chaque tombe se réveillera la cendre éteinte, partout brûleront à nouveau les flammes de la vie, le vieilles demeures seront rebâties, les temps anciens se renouvelleront et l’histoire sera le rêve d’un présent à l’étendue infinie".
La Patrie ou la mort, nous vaincrons !
Je vous remercie.
Thomas SANKARA - discours à la 39e Session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, 4 octobre 1984.
Publié le 06/09/2009 à 17:32 par yolom
On ne peut pas prétendre défendre l’Afrique sans connaître son histoire. Je me demande où est la fierté d’être un Sénégalais (notre pirogue), Camerounais(crevette), un Guinéen(Pygmée- Noir et petit - nain), un Sierra-leonais(montagnard du lion), un Erythréen(rouge), un Ethiopien(visage brûlé), etc...
Les Nationalités africaines sont nulles et non avenues !
Quelle est l’origine actuelle des noms des pays africains ? Ces noms, n’ont-ils pas été donné par le colonisateur ? Devons-nous les accepter et nous affronter pour ces frontières héritées de la colonisation ou ne devons-nous pas construire une nouvelle Afrique transversale, fédérale et moins nationaliste ?
Afrique du Sud
En 1497, Vasco de Gama découvre le Cap. En 1910 fondation de l’Union Sud-Africaine par l’union du Natal, de l’Orange, du Transvaal et du Cap par les Afrikaners. République d’Afrique du Sud depuis 1961. Mais les frontières tracées par le colon sont intactes. Pourquoi pas la République Sud-Américaine ou bien la République Sud-Européenne ? Nationalité : Azanie ( en bantou ). Nom donné par les colonisateurs blancs ( Hollandais et Britanniques).
Algérie
En 1147, domination hispano-mauresque. En 1460, début de l’installation des places espagnoles fortes. D’après Alger, en arabe EL DJezaïr qui signifie les Îles. La cité fut fondée, en 1492, par les Espagnols sur plusieurs îlots réunis au continent par les Turcs au XVIème siècle. Nationalité : les Îles. Etat fondé par les Espagnols.
Angola
En 1875, début de l’implantation portugaise à Luanda. Le roi N’Gola fit face à l’envahisseur Occidental. Angola dérive du nom du roi N’gola qui, au XVI ème siècle, lutta contre les Portugais. Nationalité : le nom du roi N’Gola nommé par les Portugais, mais les frontières de Berlin sont intactes.
Bénin
vers 1575, fondation du royaume Fon d’Allada. Au XVII ème siècle, après avoir annexé les royaumes d’Allada et d’Ouidah, le roi Dahomey signe un accord avec les négriers européens, dont il facilite les activités de la traite de ses propres frères. Le nom Bénin vient d’un royaume du prestigieux du Nigeria. Dahomey jusqu’en 1975. Dahomey est un nom donné par les Européens. Nationalité=nom d’un royaume, mais les frontières sont intactes.
Botswana
En 1885, constitution du protectorat britannique sur le territoire des Tswana, le Bechuanaland, pour le soustraire à l’expansion des Boers d’Afrique du Sud. Botswana vient du nom de l’ethnie majoritaire les Tswana. Bechuan signifia "égale" en Tswana. L’union de Bechuan et Tswana donne Botswana qui signifie ethnie égale. Nationalité= ethnie égale. Un Etat qui se trouve à l’intérieur de l’Afrique du Sud. Il n ’ y a qu’en Afrique qu’on voit des choses pareilles.
Burkina Faso
En 1919, création de la colonie de la Haute Volta à cause du fleuve Volta. En 1932, éclatement de la colonie et partage entre la Côte d’Ivoire, le Soudan français ( actuel Mali ) et le Niger pour lesquels, elle constitue un réservoir de main d’oeuvre. Haute Volta jusqu’en 1983. Un nom donné par les Européens. Burkina Faso=pays des hommes intègres. Nom donné par Thomas Sankara, l’indomptable Thomas Sankara. Nationalité = pays des hommes intègres. Les frontières ?
Burundi
en 1898, création de poste militaire de Bujumbura. En 1908, l’Administration de l’Urundi est séparée de celle du Rwanda. Le 21 août 1923, la Belgique reçoit un mandat sur le "Rwanda-Urundi". Le Burundi est donc un royaume unifié depuis le XVII ème siècle. Nationalité = un royaume unifié, mais les frontières nous saignent.
Cameroun
En 1827, les Britanniques explorent la Côte camerounaise et le Biaffra. En 1850, viennent explorer à leur tour les Portugais. Cameroun provient du nom donné par le navigateur portugais Fernando Poo à la sanaga, O rio dos comaroes ( le fleuve aux crevettes ). Cameroun signifie crevettes. Je préfère les poissons, car ils sont moins chers. Nationalité = crevettes. Nom donné par les Portugais.
Cap-Vert vers 1460 découverte de l’archipel, occupé par des populations lébous originaires du Sénégal. De Capo-Verde nom donné par les Portugais. Nationalité = le Cap est vert.
Centrafrique Nom donné par les Européens. Oubangui-Chari du nom des deux principales rivières jusqu’à l’indépendance. République Centrafricaine depuis 1960. Nationalité = centre de l’Afrique. Mais pourquoi pas la République Centreuropéenne ou la République Centraméricaine ?
Comores
au XVI ème siècle, brève installation des Portugais en Grande Comore. En 1841, les Français s’emparent de Mayotte. En 1865, établissement progressif du protectorat français en Grande Comore ( à Mohéli et Anjouan ). En 1912, les trois îles deviennent des colonies rattachées à Mayotte puis à Madagascar. Les Comores appelées Ore Selanaie ( montagnes de la lune ) par les Grecs. Les Arabes l’ont traduit en Al-Komair qui signifie la lune. Nationalité = la lune. Nom donné par les Grecs et Arabes.
Congo-Brazzaville ou Congo Elf aquitaine
En 1482, le navigateur Diego Cao parvient à l’embouchure du Congo. En 1882 création de la colonie congo-française. Le Congo provient du royaume Kongo ( avec "K" ) fondé au XIV ème siècle. Les Français ont rajouté le nom de Brazzaville ( l’ancien commissaire de cette colonie ). Mais, je me demande qui est Brazzaville ? Est-ce un de nos ancêtres, cousins ou frères ?. Ce Congo Brazzaville ( Congo-Elf Aquitaine ) et la République Démocratique du Congo sont simplement séparés d’un maudit fleuve, celui du Congo. Nationalité = nom du royaume du Congo. Nom donné par les Portugais.
République Démocratique du Congo
Nom donné par les Portugais qui désigne le fleuve Kongo. Il est dérivé du Ki-Kongo N’zadi qui signifie fleuve. Congo Leopoldville écrasé par Mobutu le Zaïrois, écrasé à son tour par Laurent Désiré Kabila le patriote, le Lumumbiste, la fureur de vaincre. Nationalité = le nom d’un fleuve donné par les Portugais.
Côte d’Ivoire
Nom donné par les navigateurs Dieppois Binger et Treich Laplène. Au XIV ème siècle, les rivages de la côte sont visités par les navigateurs Européens. En 1705, premier établissement français à Assinie, activité des missionnaires français. En 1889, Binger expéditeur du Sahel et, le résidant de la Côte, Treich Laplène font la jonction des protectorats français. Initialement appelée Côte des dents ( pour défense d’éléphant), elle était un centre commercial. Nationalité=défense d’éléphant. Nom donné par les colonisateurs. Questions : c’est quoi l’ivoirité ? Qu’est-ce qu’un Ivoirien de pur sang ? Réponse : c’est un Africain qui a perdu sa mémoire.
Djibouti
En 1862, achat par la France de la rade d’Obock. En 1886, création de la Côte des Somalis. Djibouti nom de la capitale fondée en 1888 signifie "assiette" en langue afar. Mais les frontières ne sont-elles pas toujours là ? Nationalité=assiette.
Egypte
Première dynastie des pharaons. En 639, conquête arabe et fondation du Caire, la capitale. En 1230, départ des Hébreux. De 1798-1801, expédition de Bonaparte. En 1922, une certaine indépendance avec Fouad ler, comme roi. La Grande Bretagne conserve la direction de la Défense et des Affaires Etrangères. Le nom d’Egypte est inconu ( remonte à l’antiquité ). En arabe, Egypte signifie Misr. Nationalité=inconnue. Mais les frontières de la Conférence de Berlin sont intactes.
Erythrée
Royaume d’Aksoum. En 1882, début de l’occupation italienne. Erythrée nom donné par les Grecs. Erythrée signifie " rouge" dans la langue grecque. Nationalité=rouge.
Ethiopie
Le royaume d’Aksoum qui, comme l’Erythrée, a connu son apogée au IV ème siècle, extension jusqu’en Arabie. Nom donné par les Grecs. Ethiopie signifie " visages brûlés " en grec. Nationalité=visages brûlés.
Gabon
Arrivée des Portugais dans l’estuaire du Gabon. En 1839, premiers contacts officiels entre les autorités françaises et les chefs locaux. Le roi Denis Rapotchombo, chef d’un clan des M’Pongowès, signe un traité avec le lieutenant de vaisseau français Bouet-Willaumez. Du portugais gabâo qui signifie "caban de marin" en français. Nom donné par les Portugais. nationalité=caban de marin.
Gambie
Rappelons que la Gambie est à l’intérieur du Sénégal. Au XV ème siècle, pénétration portugaise dans l’embouchure du fleuve Gambie. La Gambie est un nom donné par les Portugais à cause du fleuve Gambie. Nationalité=nom d’un fleuve.
Ghana
En 1471, les Portugais atteignent la Côte de la région et la désignent par le nom " Côte de l’or". Il prendra ce nom jusqu’à l’indépendance en 1957. Ghana nom donné par K. N’krumah, le fils prodige de l’Afrique, mon père spirituel, celui qui m’a tout appris. Cet homme voulait anéantir ces frontières de malheur et de sang. Le nom du Ghana vient d’un ancien royaume du XI ème siècle qui s’étendait de l’Atlantique jusqu’au Niger. Nationalité=nom d’un royaume, mais les frontières sont intactes.
Guinée-Conakry
En 1880 traité de protectorat entre le souverain peul et les français. Ce souverain octroie la concession de la voie ferrée Conakry_Niger. Conakry a été fondée par les Européens, la Guinée a été nommée par les Européens Berbères du nom "aguino" qui signifie " Noir et petit "en langue Berbère. Nationalité=noir et petit-conakry ou pygmée-Conakry.
Guinée-Bissau
En 1880, les Portugais conquièrent et soumettent difficilement les populations locales. Nom donné par les Berbères Européens, comme la Guinée-Conakry. Nationalité=Pygmée-Bissau.
Guinée-Equatorial En 1471 comme les deux Guinée, premiers contacts entre les populations locales et les Portugais. L’Île du Portugais Fernando Poo. Il la baptise "Formosa" qui signifie la belle. Guinée provient "aguino" qui signifie "Noir et petit". Nationalité=Pygmée-Equatorial. Tout ça, c’est de la cacophonie.
Kenya
En 1895, le Kenya devient protectorat britannique. Le nom du Kenya est dérivé du Mont Kirinyaga qui signifie montagne blanche en swahili. Nationalité=montagne blanche.
Lesotho
En 1868, pour éviter la mainmise des Boers sur son royaume, Moshoeshoe ler le place sous la protection des Britanniques. Lesotho provient de l’ethnie majoritaire, les Sotho. Jusqu’à l’indépendance, en 1966, Batsutoland d’après une autre appellation de l’ethnie, Basuto. Elle-même dérivée du fleuve Usutu qui signifie "marron". Nationalité=nom d’une ethnie.
Libéria
Nom donné par les anciens esclaves américains noirs qui fondèrent la pays en 1847. Libéria du mot du mot "liberty" qui signifie "liberté" en français. Nationalité=liberté.
Libye
Fin du XIX ème siècle, la France et l’Italie convoitent les régions libyennes. En 1911, l’Italie prend Tripoli après des combats meurtriers contre les Turcs. En 1932, achèvement de la conquête italienne. Nom d’origine inconnue. Nationalité=inconnue.
Madagascar
Décembre 1885, conflit armé entre la France et la Grande Bretagne. Les Français occupent les ports de Mjunga et de Tananarive. La même année, signature avec la France d’un traité tendant au protectorat. Le nom de Madagascar est donné par Marco Polo. Origine incertaine. Nationalité=incertaine.
Malawi
En 1870, installation des premières missions d’abord protestantes, au sud et au nord, puis catholiques dans le centre. En 1891, intervention britannique au Nyassaland pour contrer les prétentions portugaises. La même année, révolte des ethnies Yao et Ngoni réprimée par les Britanniques. En 1900, attribution dans le sud des meilleures terres à des concessions commerciales européennes. Le 06 juillet 1907, proclamation du protectorat britannique et mise en place d’un conseil législatif. Malawi provient de la langue chichewa qui signifie "flamme". Nationalité=flammes ( en chichewa, langue de l’ethnie majoritaire).
Mali
En 1880, conquête française par Gallieni. Il se heurte avec Samory Touré de la Guinée, aveclequel alternent partage des territoires et combats meurtriers. Soudan français jusqu’à l’indépendance en 1960. Mali provient d’une ethnie, les Malinkés. Les quatre premières lettres désignent le nom du MALI. Nom donné par Modibo Keïta. Nationalité=non d’une ethnie, les Malinkés.
Maroc
En 1472, arrivée des Espagnols. En 1570, les Portugais et Espagnols occupent les ports marocains du Sahara Occidental. En 1906, conférence d’Algésiras, internationalisation économique du Maroc qui se trouve placé sous protectorat des puissances coloniales au premier rang desquelles la France. Le Maroc est un nom donné par les Espagnols de Marrakech, l’ancienne capitale. Le nom arabe du pays es Maghreb qui signifie "le pays du soleil couchant". Nationalité=le pays du soleil couchant.
Maurice
En 1505, le Portugais Pero Mascarenhas découvre l’Île fréquentée par des marins depuis le Xè siècle. En 1598, présence des Hollandais qui baptisent l’Île du nom du Stadthouder Maurice de Nassau. En 1715, la Compagnie française des Indes prend possession de l’Île et la rebaptise "Île de France. L’Île est donc nommée en l’honneur de Maurice de Nassau. Nationalité=Maurice de Nassau(nom d’un colonisateur Hollandais.
Mauritanie
En 1724, installation de postes français depuis le Sénégal. En 1902, conquête française de l’intérieur du pays qui prend le nom de Mauritanie qui signifie en latin "le pays des Maures". Nationalité=le pays des Maures. [/color]
Mayotte
En 1841, les Français acchètent Mayotte aux Malgaches. De Mahutu, nom arabe de la population. Nationalité=De Mahutu.
Mozambique
En 1498, l’explorateur Portugais Vasco de Gama atteint les Îles de la Mozambique. En 1635, implantation des premiers colons portugais. Provient du portugais mosambuco qui signifie "rassemblement des bateaux". Nationalité=rassemblement des bateaux.
Namibie
En 1884, le navigateur portugais Diego Cao découvre la Namibie. En 1984, la Conférence de Berlin reconnaît le droit allemand à un protectorat sur le territoire. Namibie provient du désert du Namib qui longe la côte. Nationalité=Namib(le nom d’un désert), mais les frontières sont intactes.
Niger
En 1891, début de la conquête française. En 1900, établissement du territoire militaire français du Niger après la prise de contrôle de l’Est par la mission Voulet-Chanône. Niger provient d’un fleuve appelé gher ngheren qui signifie fleuve parmi les fleuves en Tamashek. Nationalité=fleuve parmi les fleuves.
Nigeria
En 1472, les Portugais créent un comptopire d’épices et trafic d’esclaves à l’emplacement de l’acutuelle Lagos. C’est Flora Shaw, future Lady Lugard qui donna le nom de Nigeria à cause du fleuve Niger. Nationalité=nom d’un fleuve.
Ouganda
En 1890, cherchant à se débarrasser des Allemands, le roi Mutesa signe un accord de protectorat avec la Grande Bretagne. Ouganda provient de l’ethnie principale les Ganda qui ont crée le royaume le plus important, celui du Bouganda au XVè siècle. Nationalité=Nom d’une ethnie, les Ganda.
Réunion
En 1507, le portugais Diego Fernandez découvre l’Île. En 1642, les Français l’appeleront l’Île Bourbon. Ensuite, l’Île est rebaptisée "Bonaparte". En 1848, l’Île reprend le nom de la Réunion en souvenir de la réunion des Marseillais et des gardes nationaux pour l’assaut des Tuileries. Nationalité=réunion des colons.
Rwanda
En 1884, l’Allemand Karl Peters signe divers traités avec les chefs locaux pour le compte de la colonisation allemande. En 1910, la Belgique reconnaît la souveraineté allemande sur le Rwanda. En 1916, le pays est conquis par les troupes belges. Le Rwanda provient du nomù d’un royaume crée au XIè siècle et devenu République en 1961. Nationalité=nom d’un royaume.
Sao-Tomé et Principe
En 1471, les navigateurs portugais, Joao de Santarem et Pedro Escobar découvrent l’Île de Saint-Thomas et du Prince nommées par les Portugais. Nationalité=nom des colonisateurs.
Sénégal
Au XVè siècle, arrivée des Portugais. Installation des comptoires commerciaux à Gorée, en Gambie et en Casamance. Au XVIIIè siècle rivalités franco-anglaises au Sénégal. Le Portugais Fernando Poo, celui qui a donné le nom du Cameroun, pose une quetion à un Lébou, concernant une pirogue artisanale. "C’est quoi ça" ?( par un simple geste de la main). Réponse de notre ancêtre Lébou : "sunu Gaal" qui signifie notre pirogue en wolof. Nationalité = notre pirogue. Non donné par Fernando Poo a la sanaga.
Seychelles
En 1505, les Portugais découvrent l’archipel. En 1742, les Îles sont explorées et occupées par les Français qui baptisent l’archipel " la Bourdonnais". En 1756, les Îles deviennent propriété de la Compagnie Française des Indes et sont rebaptisées les Seychelles en l’honneur de Moreau de Séchelles qui administra l’archipel dans la seconde moitié du siècle. Nationalité=non d’un colon.
Sierra-Leone
En 1462, arrivée du navigateur portugais Pedro da Cintra qui donne le nom "De serra Leao" qui signifie montagne du lion. Nationalité=montagne du lion.
Somalie
Au IX siècle, installation des Arabes sur les côtes somaliennes. En 1506, bombardements portugais et les Arabes s’enfuient. En 1891, accord de partage anglo-italien. Fin XIXè siècle, la France occupe les côtes Ouest du pays, la Grande Bretagne le Nord et l’Italie le Sud. Nationalité=pays des Somalis.
Soudan
En 1820, conquête égyptienne par Mehemet Ali. En 1896, expédition anglo-égyptienne contre le pouvoir mahdiste. En 1898, Affaire Fachoda : une expédition française, arrivée sur les lieux, est contrainte à se retirer par les Anglais. La France rénonce à ses prétentions au Soudan. Nom donné par les Arabes, qui signifie "pays des Noirs". Nationalité=pays des noirs.
Swaziland
Vers 1900, découverte de gisements d’or. Les Boers arrachent les terres aux Swazi qui demandent à la Grande Bretagne de les protéger. En 1902, instauration du protectorat britannique à la suite de la défaite des Boers face aux Britanniques. Swaziland provient du nom de l’ethnie majoritaire, les Swazi. Lui même dérivé du nom du roi Mswati III qui régna au milieu du XIXè siècle. Nationalité=le nom d’une ethnie, les Swazi.
Tanzanie
En 1498, arrivée des Portugais qui contrôlent le commerce pendant dux siècles. En 1875, l’Allemand Karl Peters le pricipal responsable de la Conférence ou de la "sauvagerie" de Berlin. Tanzanie, c’est la réunion du Tanganyka et de Zanzibar, selon l’Anglais Stanley. Tanganyka dérive de la réunion de Tonga et de Hika qui signifie respectivement Île et plaine. Pourrait aussi provenir de Kou tanganyika qui signifie "se joindre, se rencontrer".Le terme Zanzibar est issu de la réunion de Zan(noir en arabe) et de Bar(côte en perse). Nationalité=se réunir, se rencontrer.
Tchad
En 1900, les troupes françaises commencent la conquête du territoire tchadien. Tchad provient du mot "lac" que les Arabes appllent Lû sad ou chad. Nom donné par les Arabes. Nationalité=lac.
Togo
Au XVè siècle, arrivée des Portugais, puis des Danois. Vers 1870, création des premiers comptoirs européens (français, allemands, anglais) pour exploiter l’huile de palme. En 1884, arrive l’explorateur Gustav Nachtigall qui nomme le pays "Togo" d’après le nom d’un petit village. le premier rencontré par l’Allemand Gustave Natchtigall. Nationalité=nom d’un village.
Tunisie
Au VIè siècle, guerres contre les colonies grecques d’Occident. En 1574, conquête turque. De 1741 à 1770, guerres contre la France. En 1883, traité de la Marsa : la France institue un protectorat sur la Tunisie. Tunisie signifie, d’après la capitale Tunis, une implantation. Nationalité=une implantation.
Zambie
En 1889, Charte qui accorde à la British South Africa Company(BSAC) de Cecil Rhodes le droit d’exploiter et d’administrer les territoires. La Rhodésie du nord formellement rattachée au Cap, mais administrée par la BSAC. Zambie provient du fleuve Zambèze. Nationalité=nom d’un fleuve.
Zimbabwe
En 1889, le gouvernement britannique accorde une Charte à la British South Africa Company de Cecil Rhodes l’administration des terrotoires. Zimbabwe provient du nom d’un ancien royaume qui s’est épanoui du XIè au XVIè siècle. Rhodésie du Sud jusqu’en 1965, puis Rhodésie du Nord jusqu’à l’indépendance. Nationalité=nom d’un royaume, mais les frontières barbares, les frontières tracées de sang africain sont intactes.
Conclusion : nos nationalités sont nulles et non avenues !
Ibrahima BA Tall
Publié le 06/09/2009 à 17:18 par yolom
« La vérité, pour la résumer en quelques mots, c’était que les Blancs avaient "blanchi" l’histoire et les livres d’histoire, qu’ils lavaient le cerveau de l’homme noir depuis plusieurs centaines d’années. Le premier Homme avait été noir, il avait vécu sur un continent qu’on appelait l’Afrique, où l’espèce humaine était apparue pour la première fois sur la planète. Le premier Homme, l’homme noir, avait bâti de grands empires et de grandes civilisations, alors que le Blanc en était encore à habiter les cavernes et à se déplacer à quatre pattes. "Le diable blanc", à travers toute l’histoire, avait pillé, assassiné, violé, exploité et torturé toutes les races de couleur. Le trafic de la chair noire était le plus grand crime de toute l’histoire de l’humanité ».
« [Le diable blanc avait privé le peuple noir de la connaissance qu’il avait eue de lui-même, de sa langue, de sa religion, de sa culture passées, à tel point que le Noir américain était le seul peuple au monde qui ignorât tout de sa personnalité profonde ». (ceci est valable pour tous les Noirs)
« Il lui appris à adorer un dieu étranger, qui avait les cheveux blonds, le visage pâle et les yeux bleus de son maître...Ce bourrage de crâne était agencé de telle sorte que le " Noir " avait fini par croire que plus sa peau était polluée par la blancheur du maître, plus il était "supérieur". La religion chrétienne blanche enseigne encore au Noir qu’il devait tendre l’autre joue, sourire, gratter la terre, s’incliner, s’humilier, chanter, prier et se contenter des miettes qui tombaient de la table du Blanc ».
« L’Histoire noire de Carter G. Woodson m’apprit l’existence d’empires noirs antérieurs au temps de l’esclavage et que les Noirs avaient commencé tôt à lutter pour la liberté. Les trois volumes de Race et sexualité de J.A. Rogers me renseignèrent sur les mélanges de races qui se sont produits avant Jésus-Christ ; Rogers disait qu’Ésope était un Noir qui racontait des fables ; il parlait des pharaons d’Égypte, des grands empires chrétiens coptes, de l’Éthiopie, la plus ancienne civilisation noire ininterrompue. »
« En le relisant plusieurs fois (le livre intitulé Découvertes génétiques de Gregor Mendel), je finis par comprendre comment, en partant d’un homme noir, on peut aboutir à un homme blanc, alors que le contraire est impossible, parce que le gène blanc est récessif. La conclusion s’impose donc que les premiers hommes étaient noirs. »
« J’appris que depuis le XVIe siècle, les prétendu "marchands chrétiens" sillonnaient les mers à la recherches d’empires asiatiques et africains, pillant et opprimant Jaunes et Noirs. L’homme blanc n’avait jamais porté la Croix aux peuples de couleur en toute humilité, dans un esprit authentiquement chrétien. »
« Aujourd’hui l’homme blanc se voit obligé de regarder les choses en face. La vérité africaine se fait jour. On découvre chaque mois en Afrique noire des outils façonnés qui montrent qu’au temps où les Blancs habitaient encore dans des grottes, les Noirs avaient de grandes civilisations...Le Blanc a "blanchi" l’Histoire à tel point que les professeurs noirs américains en savent à peine plus long que les Noirs les plus incultes sur le génie, les civilisations, les cultures noires d’il y a plusieurs millénaires...C’est un crime que de mentir à des générations de Noirs. A des enfants noirs, nés de parents qui croient que leur race n’a pas d’histoire. »
« Il faut être très, très prudent en abordant la vérité avec un Noir qui l’ignore totalement...Nos congénères ont subi un tel lavage de cerveau qu’il se peut que la vérité leur répugne. »
« Parfois mes auditeurs ne voulaient pas me croire avant d’avoir vérifié que les dires des Blancs concordaient avec les miens. »
« L’homme blanc vous a donné la peur. Petits nourrissons noirs, vous aviez déjà peur de lui. La peur est sur vous. De tous les ennemis de l’homme, la peur est le plus redoutable. Je sais que certains d’entre vous ont peur d’apprendre la vérité. Vous avez grandi dans la peur et le mensonge. »
« Le leader noir du coin s’est chargé, afin de conserver sa situation, de rassurer le Blanc du même coin : "Tout va bien, patron ! Nous dominons la situation, patron !" »
Publié le 06/09/2009 à 16:44 par yolom
Haidara Chérif des USA
Et les revoilà encore à nous vendre cette idée qu’au nom de combattre le terrorisme, nous devons accepter des bases militaires américaines sur nos sols. Comme de grands enfants friands de friandises, nos dirigeants sont entrain de mordre petit à petit à cet appât tendu depuis Washington.
Qu’avons-nous appris depuis la nuit des temps des stratagèmes de l’homme blanc ?
Quelles étaient les justifications de la traite des noirs ? Quelles étaient les raisons avancées pour la colonisation ? Les peuples qui ne revisitent pas leur Histoire sont condamnés à rééditer les mêmes erreurs.
De peuple sauvage que nous étions, Dieu voulait notre évangélisation, de l’obscurantisme dans lequel nous étions plongés, la lumière devrait nous parvenir a travers la couleur de la peau d’un autre peuple, puisque nous n’avions jamais eu d’histoire, il fallait nous en inventer une. Parmi tant d’autres raisons, fallacieuses les unes après les autres, l’homme blanc a dérouté notre évolution naturelle, il a façonné à sa guise le cour de notre destin.
Ne devient-il pas nécessaire que nous nous posons des questions légitimes sur notre devenir en tant que nation, en tant que race ?
Comment pouvons nous avoir le continent le plus riche en ressources de tout genre et être au même moment le continent le plus pauvre selon tout les indicateurs économiques ? Pourquoi n’avions nous jamais été aussi dépendent qu’après nos indépendances ? Qu’est-ce que le terrorisme ? Pourquoi est-ce toujours les pays à forte densité musulmane qui sont indexés comme tels ?
``La délivrance des complexes de haine ne sera obtenue que si l’humanité sait renoncer au complexe du bouc émissaire`` dixit Baruch.
Nous ne sommes pas entrain de vider le venin des préjugés sur les autres, ce n’est pas l’objet de cet article, au contraire, ceux qui sauront lire entre les lignes comprendront bien que le génie de l’homme blanc l’a amené au firmament de sa science. Aucune polémique là-dessus. Passons donc au corps de notre intention.
De Conakry à Bamako en passant par Abidjan continuant sur Accra jusqu’à Malabo,
Les ambassades américaines déménagent, s’agrandissent et s’isolent au grand bonheur du citoyen Lambda de ces pays qui se réjouit que les américains soient entrain d’investir chez eux et qu’enfin ils aient pris conscience que l’Afrique est important économiquement et stratégiquement. Il s’enorgueillit aussi de la perte d’influence du colon français au profit du business man américain, ho bon Dieu réveil en nous Frantz Fanon, Modibo Keita, Sékou Touré, Lumumba et autre Kwamé N’krumah et Thomas Sankara pour savoir que le terme néocolonialisme vaut son pesant d’or.
Si ‘la raison est Hélène’, nous serons bien sage que de commencer par déchiffrer les moindres gestes et agissements qui profilent à l’horizon car ça sent le roussi.
C’est au milieu du vingtième siècle que l’Arabie Saoudite, naguère un désert sans importance à part bien sûr pour ceux de la foi musulmane qui devraient remplir selon les préceptes du Saint Coran le cinquième pilier de l’islam, ouvrit ses portes aux grands exploitants pétroliers qu’étaient Texaco, British Petroleum, Exxon, Mobil et autres faisant du coup des fortunes pour certaines familles américaines et européennes tels les Bush, Rockefeller, Donald, Dave O’Reil, Ernest Mercier parmi tant d’autre, et permettant cette dynastie oligarchique de monopoliser les pôles de décisions économique et politique sur cette planète terre.
Le royaume des bédouins qui aurait du s’appeler autrement, choisit de se nommer après la famille régnante les El Saoud. Nous vous épargnerons les détails captivants de la complicité des nouveaux venus avec les El Saoud pour retirer l’essentiel du pouvoir politique et économique à la descendance d’Abdoul Wahab : les El Cheick à qui devait échoir le pouvoir théocratique. Le chamboulement qui suivit a profondément transformé le Moyen Orient et la vie du bédouin en a pris un coup.
La cartographie qui nous ait offerte aujourd’hui est le fait de la déchirure qu’a subie aux mains de ces visiteurs d’un soir tout l’ensemble des pays de cette région. Les français ont colonisé le Liban qu’ils ont parcellisé de la Syrie, les Britanniques ont arraché le Koweït de l’Irak fermant du coup son accès à la mer, les américains s’apprivoisaient l’Arabie Saoudite et contrôlaient ainsi la production du brut. L’exploitation des différences entre Chiites et Sunnites autrefois indistincte devait s’envenimer pour une meilleure exploitation par les conquérants.
Il fallait exaspérer et exacerber ses sentiments pour pousser les rencoeurs des uns contre les autres comme cela a été le cas dans nos pays lors de la honteuse époque coloniale. La Tijanya contre la Kadirya, les onze grains contre les douze grains dans le Soudan français, le Sénégal et ailleurs, les frictions entre Hutu et Tutsi au Rwanda et au Burundi, les chefferies Haoussa et Peuhl contre les Ibo et Yorouba au Nigeria, les Pieds Noirs et les Harkis contre les Indigènes Musulmans au Maghreb…etc.
Rien du mécanisme de fonctionnement de ces conquistadores ne nous échappe, nous savons tous trop bien leur apprêt d’opération mais hélas, cent fois hélas, ils réussissent toujours a nous berner malgré le niveau intellectuel que nous avons pu atteindre ces cinquante dernières années.
L’adage voudrait que là ou il y a un arabe, il y ait du pétrole, peut être, mais pour sûr, là ou il y a du pétrole il y a ces grandes corporations et là ou elles sont, il y a le malheur des peuples, la corruption, l’enrichement d’une élite au détriment de la masse, le maintient d’un despote, d’un dictateur pour pérenniser la République Bananière. Vous voulez des exemples en espèces sonnantes et trébuchantes ? Allons-y donc car cela est plus parlant que cette litanie que je me proposais d’égrener tout à l’heure dans les paragraphes qui devraient suivre, d’ailleurs ne dit on pas en Chine qu’une photo vaut mieux que mille commentaires.
Jusqu’au mois d’Avril dernier, le Nigeria était le premier pays africain producteur de pétrole en terme de quantité, vous n’êtes pas sans ignorer les crises itératives qui secouent ce pays depuis des années. Passons sur la guerre du Biafra et les innombrables révolutions de palais pour être plus contemporain.
L’exécution le 10 Novembre 1995 de l’écrivain Ken Saro Wiwa et huit autres ‘‘anti-conformistes’’ qui ont osé demander la redistribution équitable des revenus pétroliers pour leur région, Sani Abacha n’a pas badiné à mettre à feu et à sang le Delta du Niger au profit de la compagnie créée par Sir George Goldie en 1879 qui se nomme aujourd’hui la Shell. En dépit des clameurs de souveraineté, la multinationale Néerlandaise est entrain de s’approprier en plein vingt et unième siècle cette région avec la complicité de nos dirigeants. Le Nigeria participe à plus de 10% de l’huile américain, mais au Nigeria même, l’essence est une denrée rare et les files d’attente dans les stations services sont kilométriques. Tout simplement névrosant.
En Angola, lui qui a surpassé le géant nigérian en terme de production (grâce au siphonage des oléoducs par les populations nigériane en quête du brut) les données sont identiques.
C’est vrai, la guerre de libération était l’excuse toute trouvée pour s’armer avec la manne de l’or noir mais aujourd’hui rien ne peut expliquer pourquoi ce pays est à la 162 eme place sur l’Index de Développement Humain (IDH), que la pauvreté soit le bien le mieux distribué, qu’il soit le dixième pays le plus corrompu selon Tranparency International, consacre 183 million de Dollars soit 8,8% de son Produit National Brut (PNB) aux dépenses militaires et qu’il ait un taux de près de 40% d’analphabète chez les plus de quinze ans. Elf Aquitaine, Exxon et bien d’autre se partage l’immense gisement des terres et des eaux au détriment de ce peuple qui a tant souffert. Combien d’hôpitaux, d’universités, de médecins compte l’Angola ? Ils sont combien les angolais qui savent ou vont les gains des profondeurs de leur humus ?
Vous avez tous vu le honteux chantage fait sous nos yeux au Tchad à cause de son faste. Deby qui n’est pas un enfant de cœur avec son peuple s’est ramollie devant le petit Nicolas français qui a laissé la rébellion aux portes de N’djamena comme pour lui rappeler : tu acceptes nos conditions ou que dis-je notre deal ou tu sautes dans les heures qui suivent. Le pauvre a tout de suite compris qu’il n’était pas bon d’avoir une justice indépendante qui condamne même à des peines burlesques les fils de l’ancienne puissance coloniale, qui n’a jamais perdu un poil de ses réflexes du bon vieux temps.
D’ailleurs qui maintient Idriss au pouvoir contre la volonté de la vaste majorité des tchadiens, qui l’arme, qui cautionne ses élections bancales ? Si à toutes ces questions vous avez répondu autre chose que la France, vous devez être un doué ou peut être il y a en vous un génie de trempe.
Le Gabon, avec moins de deux millions d’habitants et des ressources immenses manque d’infrastructures routières, sanitaires et scolaires adéquates. Ce pays que des experts ont comparé aux Emirats Arabe s’il avait été bien géré au profit des gabonais ne devrait en aucun moment être sur la liste du FMI ou de la Banque Mondiale. Moins peuplé que la ville d’Abidjan, il devrait être la référence du paradis sur terre mais en lieu et place…, ok je vous le concède, il est resté le Gabon sous le contrôle et la bienveillance des bases militaires françaises.
Le pétrole du Congo (Brazzaville) est gagé depuis belle lurette sur plusieurs années à venir. Toute cette manne qui est extraite du sol congolais n’appartient pas aux fils et aux filles de cette historique nation, elle sert à payer les armes et les prêts octroyés aux deux protagonistes durant la guerre civile que finançaient les multinationales. Le Congo est classé 139eme sur l’Indexe de Développement Humain et 161eme pour le PNB par habitant
A cause de l’abondance en R.D.C (République Démocratique du Congo) les convoitises des uns et des autres a défigurées ce pays pour aussi longtemps que vous ne pouvez vous l’imaginer. Ce qui a été appelé la guerre mondiale africaine s’est déroulée là bas sur fond de donnée mercantile. Le Rwanda, le Zimbabwe, l’Ouganda, l’Angola …etc. ont tous dépêchés leurs armées pas pour défendre les congolais contre quoi que ce soit mais pour se partager le gâteau et encore au profit de qui ? Non, pas pour eux même, oui pour ceux là encore.
La Cote d’Ivoire produit 40% du cacao mondial, elle ne fixe pas ses prix, Sucre et Denrées s’en charge. La comptabilité des 80.000 barils par jour du pétrole n’est connue que par les géomanciens qui connaissent le sexe des anges. Malgré le boucan de Gbagbo à l’encontre des compagnies françaises, il a tout cédé à ces derniers, c’est la rançon de demeurer là ou il est. Dit ce que tu veux mais fait ce qu’on veut. Sans commentaire.
Que n’y a-t-il pas sous la terre guinéenne ? Les américains sont à Fria pour le bauxite depuis que nous ne savions pas la différence entre notre droite et notre gauche pourtant le château d’eau d’Afrique n’a ni eau ni électricité courante.
A quoi servent ces ressources si elles ne devraient pas participer au développement et au bien être de nos peuples ?
Un soir assis sur mon divan intéressé que j’étais à écouter l’interview de Obiang N’guema sur la chaîne américaine A.B.C. je fus stupéfait à l’entendre dire à peu près cette réponse à la question de la journaliste qui lui demandait des ressources du pétrole de la Guinée Equatoriale : ‘Les avoirs pétroliers de mon pays sont des secrets d’état. Aucun opposant, aucun journaliste, aucun député ne doit chercher à voir clair là-dedans. C’est exclusivement du domaine présidentiel et donc, seule ma personne les gère’.
Désabusé, presque au bord des larmes, je zappa pour une chaîne de Cartoon pour enfant.
Quelle respectabilité demandons nous quand nos chefs d’états nous jettent en pâture de la sorte ?
Alors nous apprenons par ces temps qui courent de la nécessité de bases américaines dans le désert du Sahara pour combattre disent ils le terrorisme, nous qui n’avions pas le sens du sacrifice pour le bonheur de nos peuples, nous qui n’avions pas encore compris que Français, Américain, Anglais, Néerlandais et Chinois riment les même vers, nous qui ne pouvons pas pointer du doigt un seul événement de notre histoire ou européens et américains se sont déchirés entre eux pour l’Afrique et les africains, ils nous revient donc de combattre le ‘terrorisme’. Au même moment, ils envisagent de se retirer du Moyen Orient parce que le coût d’exploitation de leur convoitise monte vertigineusement pour cause de sabotage, d’attentats suicide et du regain du nationalisme arabe. Vous imaginez ce qu’il adviendra une fois ces chevaliers d’industrie installés chez nous avec l’aval de nos dirigeants ?
Ils ont demandés des élections en Palestine, les résultats des urnes ne les convenaient pas, le Hamas vainqueur est voué aux gémonies. Ils en ont demandés en Iran, même résultat Ahmadinijad est devenu un terroriste. Au Venezuela, Hugo Chavez remporte les consultations présidentielles anticipées mais il est taxé de dictateur. Tant que vous avez en mire les intérêts de votre peuple, vous serez baptisé d’un adjectif abominable.
La vérité est que d’important gisement de pétrole gît sous nos terres. Du Golf de Guinée sur les côtes Ouest africaine jusqu’en Afrique Centrale, sous le sable du désert saharien : de l’Algérie aux confins du Niger. Et nous le savions des sciences exactes que là ou ces multinationales sont il y a tout sauf la paix et le développement. Pour les défendre, il faut une armée puissante et une diplomatie robuste, ils disposent de ces armes ; et nous, qu’avons-nous ? Les moyens du bord. Et voila que nous serons nommés après un groupe terroriste parce que défendrons nos avoirs. Que fait l’armée française au Djibouti, au Gabon, en Centrafrique, en Cote d’Ivoire et au Tchad ?
Que fait l’armée américaine dans le golf persique ? Les armées maliennes, nigériennes ou algériennes seront à la guise de leur humeur, tantôt elles seront accusées de violations des droits de l’homme sur les Touaregs, tantôt de génocidaires. Ceux qui pensent que l’Irak a été attaqué parce qu’il posséderait des armes de destructions massives suent la naïveté à l’extrême ; écoutez les discours de l’administration Bush quelques semaines avant l’invasion du pays de Saddam leur allié d’un temps. Le plan diabolique devait se poursuivre sur l’Iran, la Syrie et l’Arabie Saoudite. La résistance irakienne a faussée le ‘calculus’.
Ce n’est pas seulement le ‘Néocolon’ venu d’Europe, il y a maintenant celui venu d’Asie. La Chine. Abdoulaye Wade, Omar Bongo, Mugabe et bien d’autres souscrivent dorénavant à cette idée qu’au nom de diversifier nos partenaires, nous devons regarder vers le soleil levant : l’Est. Il n’y rien de mal à cela, c’est d’ailleurs très louable mais ce qui est problématique dans cette orientation ce sont les termes de l’échange. Une respectable dame me disait au téléphone depuis Toulouse que les autorités maliennes ont accepté de leurs homologues chinoises la construction d’un hôpital et que la contre partie devrait être le déboisement d’une forêt quelque part au Mali.
Le Mali un pays désertique ; ce n’est pas débile ça ? J’espère qu’elle a mal saisi l’info. Au Liberia, les chinois contrôlent le secteur de la pêche après quelque bakchich distribués aux autorités. Ce pays qui sort d’une longue guerre fratricide et où les petits sardiniers, las de la déloyale concurrence de ces puissants asiatiques se font employer et exploiter au prix d’un dollar (400Fcfa) de salaire par jour.
Le ressentiment de la vaste majorité des africains vis-à-vis des chinois se fait de plus en plus sentir. Ils n’utiliseraient pas la main d’œuvre locale, ils n’initieraient pas les nationaux à leurs technologies, la qualité de leurs produits est sub-standards, ils pratiqueraient le dumping et certains les trouveraient racistes sur les bords ; tout qui présage d’une déception dans ce nouveau partenariat.
Expliquez-moi comment blanc, jaune ou rouge arrivent à nous faire marcher ?
Au récent sommet de l’U.A, encore des chefs d’états s’étaient insurgés que l’idée d’une unité africaine serait précoce et qu’il fallait aller mollot. Cinquante après il faudra encore patienter. Ces regroupements régionaux que sont la C.E.A.O, la C.E.D.E.A.O, la C.E.A.C, la S.A.D.E.C et autres, derrière lesquels ils se réfugient n’ont pas produit un iota d’avancement. Jusqu’à cette année, en Cote d’Ivoire il existait une carte de séjour pour les frères africains, au Gabon, vous ne pouvez pas circuler librement sans autorisation. L’Afrique du Sud qui a eu le support unanime de tout les africains pendant le régime hideux de l’apartheid, pourchasse ses frères dans les rues de Soweto et de Tsiwane pour les immoler et les dépiécer à la machette. Trop d’exemples existent en témoignage de la déchirure du continent.
Mûrie de tout ce qui a été assenés plus haut, il devient impératif que nous envisagions le seul et unique dessein qui nous reste.
Africain je le suis et panafricaniste je dois l’être parce que convaincu que nous ne pourrons avoir le salut que si nous conjuguons nos efforts, nos intelligences, que si nous avons en mire le bonheur de l’Afrique et des africains. Pour arrêter cette saignée, ces guerres fratricides, ces divisions inutiles et ces sentiments de laissé pour comptes, il nous faudra complètement et au plus pressé bâtir cette union africaine germée depuis bien avant N’krumah. Si par extraordinaire l’Europe et l’Amérique trouvaient leurs comptes dans une Afrique unie, elle le serait déjà.
L’Allemagne et la France moteurs économique et politique de l’Union Européenne n’ont pas beaucoup en commun. Les français sont pour la plupart catholiques, les allemands eux sont protestants, marier sa cousine est presque l’inceste chez les seconds, chez les premiers, rien d’anormal, leur deux langues n’ont pas les mêmes origines. Cependant ils sont unis dans une union pour le bonheur de leur peuple et pour le bonheur de l’Europe.
J’entends des ‘spécialistes’ de l’Afrique dirent qu’il faudra avoir en commun la langue, la religion ou la culture afin de s’unir, c’est aussi faux que de dire Mardi vient avant Lundi. Le Mali, la Guinée et le Sénégal ont tout en commun mais la fédération du Mali (Mali et Sénégal) n’a pas aboutie, la Cote d’Ivoire, le Ghana et le Liberia ; les deux Congo et le Gabon ; l’Algérie et le Maroc…etc. devraient pouvoir s’unir sur cette base des ‘spécialistes’, quand est-il ?
Une union solide se fait sur des bases d’éthiques morales et de convergence d’intérêts à long terme. Si le malien pense que travailler durement lui ouvrira les portes du bonheur et que le sénégalais pense obtenir ce bonheur autrement, si l’ivoirien pense que son avenir en temps que peuple est lié à la France et que le guinéen pense que la France est le problème, il est évident que ces peuples ne pourront faire chemin ensemble.
Pour pasticher cet auteur français qui disais et je cite : ‘rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est arrivée’. Nous sommes à cette heure ou nous devrons prendre notre destin en charge, écrire notre propre histoire, défendre nos propres intérêts sans complexe et avec cette détermination qui fait aboutir les grands destins.
Nous serions à la tête d’un pays aussi puissant que l’Afrique du Sud, avec cette économie et cette armée titanesque que nous nous dévouerions à construire cette UNION, nous marcherions sur l’Afrique Australe que nous conquerrions par les arguments politique, économique et militaire. Nous nous dirigerions ensuite vers l’Afrique Centrale que nous convaincrions, nous irions ensuite à la conquête de l’Est et de l’Ouest africain, l’avalanche déferlera sur le Nord Maghrébin, ainsi nous proclamerions les Etats-Unis d’Afrique.
Nous mettrions fin au rêve de ces roitelets qui ne veulent pas de cette Afrique parce qu’ils ne pourront plus régner comme Dieu sur leur peuple, parce qu’ils ne pourrons plus avoir le contrôle de la totalité des ressources du peuple, parce qu’ils ne pourrons plus s’éterniser au pouvoir. Sur la voie de cette entreprise, nous ferions sienne cette éloquente pensée de Ernesto Guevara de la Cerna alias le Che : peu importe les dangers ou les sacrifices d’un homme ou d’un peuple quand l’enjeu est le destin de l’humanité.
Si quelqu’un disait : ‘la colonisation n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison et qu’elle était la violence à l’état nature…’
Nous affirmons que le néocolonialisme est une machine à penser et qu’il est doué de raison et que sa supériorité a été son habileté à s’attaquer à notre plus grande faculté : notre INTELLIGENCE. Là réside sa force, sa vertu et sa plus grande ingéniosité. Une contribution de Haidara Chérif sidaty@juno.com Chicago, Illinois (USA)